Acheter ou louer? Une question de modèle d'affaires

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Mai 2021

Acheter ou louer? Une question de modèle d'affaires

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Édition du 26 Mai 2021

Par Claudine Hébert

Le complexe Vision, à Québec (Photo: courtoisie)

IMMOBILIER COMMERCIAL. Acheter ou louer son espace commercial ? Telle est la question shakespearienne que se posent des milliers d’entreprises et d’organismes chaque année. « Tout dépend du modèle d’affaires de chacune », y répond Glenn Castanheira, directeur général de Montréal centre-ville.

« Au cœur d’une métropole, il est rarement recommandé d’être propriétaire de son espace commercial. Il s’agit d’un trop grand actif passif. Il vaut mieux pour une entreprise consacrer ses revenus au fonds de roulement et à la croissance », avance le directeur de cette société de développement commercial.

Par contre, s’il s’agit d’un commerce de quartier, tels un café ou une boutique, ou d’une entreprise de services, être propriétaire de son immeuble peut rapporter des bénéfices, estime cet expert. Idem pour les commerces qui sont situés dans les villes plus modestes. « Ce sont généralement de plus petits immeubles qui peuvent parfois accueillir d’autres locataires, ce qui apporte une source de revenus à l’entreprise, tout en se protégeant des hausses de loyers quand le quartier prend de la valeur », souligne Glenn Castanheira.

C’est d’ailleurs ce que préconise le réseau MAclinique. Créée en mai 2017 par cinq médecins, dont quatre omnipraticiens et un gestionnaire, cette entreprise de Québec a décidé d’être propriétaire à 50 % de ses immeubles au lieu d’en être locataire. « Les revenus des cliniques médicales se limitent aux subventions versées par le ministère de la Santé et des Services sociaux et au “loyer” versé par les médecins qui se joignent aux cliniques à temps plein ou à temps partiel, explique l’omnipraticienne Chantal Guimont, qui est aussi PDG du Réseau. Notre équipe a conclu que l’on pourrait utiliser l’immobilier comme tremplin afin d’augmenter nos services et d’améliorer nos environnements de soins. »

Ils ont alors créé le complexe Vision, dans le secteur Lebourgneuf, à Québec, construit au coût de 42 millions de dollars (M$). En plus d’accueillir le plus important groupe de médecine familiale (GMF) du Québec — qui compte plus d’une soixantaine de professionnels de la santé, dont 35 médecins de famille —, l’immeuble de 226 000 pieds carrés abrite à une pharmacie, deux cliniques dentaires, des optométristes, des ophtalmologistes, des audioprothésistes, des orthésistes et même plusieurs chirurgiens qui disposent d’un bloc opératoire. Près de 40 % du bâtiment est également loué à des comptables, des avocats, des professionnels financiers ainsi qu’à une friperie pour bébés.

Chantal Guimont tient à souligner que les profits de leur organismes servent à prendre de l’expansion à travers la province. L’automne dernier, le réseau MAclinique a ainsi ouvert un second complexe, L’Axe, dans le secteur de Chicoutimi à Saguenay, dont la facture s’élève à 21 M$. « Déjà 70 % des 140 000 pieds carrés de l’immeuble sont loués à d’autres partenaires santé », signale la clinicienne. Ce nouveau complexe, détenu à 50 % par le Réseau, appartient aux gestionnaires de la clinique médicale saguenéenne dans une proportion de 25 %. L’autre 25 % est détenu par le développeur immobilier Trimco et J.E. Perron entrepreneur général.

« Notre objectif est de créer une vaste communauté de pratique au sein de laquelle tous les intervenants en santé pourront échanger et mettre en commun leurs connaissances afin de mieux servir la population », précise la PDG. À ce propos, elle n’est pas peu fière de souligner que la clinique de Québec affiche un taux d’assiduité de plus de 90 %.

 

Un coup de main pour trouver le bon local

Qu’importe la décision de louer ou d’acheter son local, le trouver constitue généralement le premier défi. Justement, pour donner un coup de main aux entreprises qui veulent s’établir sur leur territoire, la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville (CCITB) et la MRC de Thérèse-De Blainville ont eu l’idée de l’initiative Succès local.

« Nous avons réalisé qu’aucune donnée n’existait sur le nombre de locaux vacants ni aucun outil qui les recensait, indique Caroline Du Paul, responsable du développement local de la CCITB et agente de liaison pour le Groupement des entreprises de Sainte-Thérèse. De plus, on a souvent vu des entreprises et des organismes venues s’établir dans nos municipalités sans connaître les permis nécessaires, l’achalandage réel du secteur ou encore les travaux et grands projets à venir à proximité de l’immeuble visé. »

D’où l’idée, poursuit-elle, d’offrir une trousse d’information et de créer un meilleur maillage entre ces entreprises qui souhaitent s’établir au sein de cette communauté et les propriétaires d’immeubles commerciaux.

Lancée en mars dernier, l’initiative est jusqu’à maintenant venue en aide à une douzaine d’entreprises à la recherche d’un espace, calcule Caroline Du Paul.

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