L'industrie du bois et des meubles forte de ses racines

Offert par Les Affaires


Édition du 15 Décembre 2021

L'industrie du bois et des meubles forte de ses racines

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Édition du 15 Décembre 2021

La quatrième génération entoure la cinquième. De gauche à droite : Pierre, Jean-Christophe et Bruno Champeau. (Photo: J.M. Champeau)

FOCUS RÉGIONAL: ESTRIE. Le village de Saint-Malo, dans la MRC de Coaticook, se trouve à une enjambée de la frontière avec le New Hampshire. Depuis près de trois quarts de siècle, le manufacturier de composants en bois franc J. M. Champeau y est enraciné. «Mon grand-père a construit l’usine dans les années 1950, explique Pierre Champeau, président du principal employeur de cette municipalité d’un peu moins de 500 habitants. L’objectif était d’être proche de la frontière avec les États-Unis, où il y a beaucoup de matières premières disponibles.»

La PME, dont les composants pour l’ébénisterie ornementale et les instruments de musique se vendent dans une trentaine de pays dans le monde, s’approvisionne essentiellement dans les forêts de la Nouvelle-Angleterre voisine. Il s’agit d’un choix stratégique. La croissance des feuillus s’y fait lentement, ce qui donne au bois une forte densité. Une caractéristique centrale pour satisfaire les fabricants de bâtons de baseball, de manches de guitare ou de baguettes pour percussions que J. M. Champeau compte parmi sa clientèle.

L’abondance d’essences nobles qui y poussent explique d’ailleurs en bonne partie l’imposante présence de l’industrie du bois dans cette région de l’Estrie. «Quatorze des 64 entreprises manufacturières de la MRC de Coaticook transforment le bois d’une façon ou d’une autre, et un travailleur sur quatre (825 personnes au total) gagne sa vie dans ce secteur», explique Nathalie Labrie, directrice du développement économique de cette MRC.

«Ce qui est intéressant, ajoute-t-elle, c’est la diversité de produits issus de ces entreprises. On compte cinq scieries et neuf entreprises transformatrices de bois pour fabriquer des meubles et des produits connexes, comme des portes d’armoires et des cabinets.»

Meubles South Shore (anciennement Les Industries de la Rive-Sud) fait partie de ce groupe. L’entreprise, dont le siège social est situé à Sainte-Croix-de-Lotbinière, fabrique des meubles pour la maison depuis le début des années 1940. Elle compte quatre usines et trois centres de distribution situés au Québec, aux États-Unis et au Mexique. L’entreprise fait travailler un millier de personnes au total. «On part, par exemple, d’un panneau de particules qui arrive de Tafisa, à Lac-Mégantic, et on crée un meuble de A à Z, explique Erika Charron, directrice de l’usine de Coaticook. Nous ne vendons pas des meubles assemblés, mais plutôt des boîtes qui contiennent tous les composants.»

 

L’importance d’innover

Pour Meubles South Shore, qui compte parmi ses clients des géants du commerce en ligne, comme Amazon et Wayfair, rester compétitif ressemble à une course contre la montre perpétuelle. «Lorsqu’on sort un nouvel article ou une nouvelle façon de faire, on sait qu’on a à peu près un an avant d’être copiés, indique la directrice de l’usine de Coaticook. Rendus là, on ne sera plus compétitifs par rapport aux Chinois qui nous auront copiés.»

Dans ce contexte, l’innovation reste incontournable. Il faut toujours développer de nouveaux produits, de plus en plus complexes, sans trop affecter leur prix de revient. «Ce qu’on essaie de faire, ce sont quelques gros investissements, comme des robots, mais aussi beaucoup de petits investissements gérés par l’équipe à l’interne», affirme Erika Charron. Le tout en composant avec la rareté de la main-d’oeuvre; en trois ans, la PME est passée de 135 à 85 employés actifs. «On arrive à sortir le même nombre d’articles — environ mille par jour — qu’avant, alors que la complexité de nos meubles a augmenté», fait-elle remarquer. «La modernisation de nos usines a toujours fait partie de notre stratégie d’affaires, avance pour sa part Pierre Champeau. On a des investissements de 10 millions de dollars en cours de réalisation dans nos usines de Saint-Malo et de Lac-Mégantic, qui vont permettre des gains de productivité autant dans la première que dans la seconde transformation du bois.»

«À la base de tous ces projets, poursuit l’homme d’affaires, on trouve de nouveaux optimiseurs avec intelligence artificielle que nous pouvons paramétrer pour tous les critères de qualité de chacun des produits qui vont sortir de l’usine, pour répondre aux besoins de nos clients d’Amérique, d’Europe et d’Asie.»Comme pour Meubles South Shore, les gains de productivité résultant de l’innovation contribuent à préserver la compétitivité de J. M. Champeau sur la scène internationale, ansi qu’à améliorer la qualité des emplois offerts.

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