Il faut s’inspirer de l’Université de Moncton!

Publié le 31/01/2023 à 15:24

Il faut s’inspirer de l’Université de Moncton!

Publié le 31/01/2023 à 15:24

Par Nicolas Duvernois

«C’est grandement grâce à Louis Joseph Robichaud, alors premier ministre de la province et ardent défenseur de la langue française, que l’Université de Moncton fut fondée en 1963.» (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. J’ai eu la chance dernièrement d’être le conférencier d’honneur du 54e banquet de la faculté d’administration de l’Université de Moncton. Plus grande université canadienne exclusivement francophone à l’extérieur du Québec, j’avais toujours entendu beaucoup de bien de cette institution et j’étais donc curieux d’en connaître un peu plus.

Superbe évènement organisé de main de maître par un comité bénévole d’étudiants (surtout étudiantes), la soirée a débuté par un cocktail où l’on soulignait plusieurs performances académiques exceptionnelles. Ayant un parcours scolaire plutôt complexe (je reste poli ici!), j’ai une admiration pour ceux et celles qui excellent dans leurs études. Bien que nous ne devrions pas uniquement nous baser sur les notes afin de juger un étudiant, reste que c’est un baromètre intéressant.

Au fur et à mesure que les lauréat(e)s montaient sur scène, je réalisais un constat beaucoup plus important: la diversité de leurs origines. La quasi-majorité des étudiants étrangers de la faculté, qui représentent 50% du corps étudiant, venait d’un autre pays de la francophonie. Maroc, Bénin, Togo, Madagascar, Cameroun, Côte d’Ivoire et j’en passe!

Voir ces étudiants monter sur scène, recevoir cette prestigieuse reconnaissance de la main du Doyen par intérim de la faculté, Nha Nguyen, m’a profondément marqué. Pour tout vous dire, tout au long de la soirée, j’ai multiplié les conversations afin de découvrir leur histoire.

Il va sans dire que mon quotidien d’entrepreneur aux mille idées folles et implications me permet de vivre des moments comme celui-ci qui nourrissent mes réflexions et m’inspirent des sujets de chronique. La soirée à peine débutée, j’avais déjà hâte de retourner à ma chambre d’hôtel afin de vous partager ce modèle unique, créatif et innovateur qu’est l’Université de Moncton.

Pour ceux qui l’ignorent, une minorité francophone extrêmement vivante, les Acadiens, vit au Nouveau-Brunswick.

Après un passé tumultueux marqué par une cruelle déportation (le Grand dérangement) au 18e siècle, une partie des Acadiens s’est réinstallée dans la région.

Contrairement au Québec où les francophones sont majoritaires, au Nouveau-Brunswick, les Acadiens sont une minorité. C’est grandement grâce à Louis Joseph Robichaud, alors premier ministre de la province et ardent défenseur de la langue française, que l’Université de Moncton fut fondée en 1963. En créant une Commission royale d’enquête sur l’enseignement supérieur, il posa les bases qui ont permis aux Acadiens d’avoir leur propre université publique et exclusivement francophone.

Mon premier constat était clair: qui de mieux qu’une minorité afin de comprendre, d’accueillir et surtout de ne pas se sentir menacée par une autre minorité. Les étudiants étrangers que je voyais monter sur scène étaient tous à plusieurs milliers de kilomètres de leur pays et de leur famille. La plupart ne voyaient leur famille qu’une seule fois par année et encore. Quitter un village en plein milieu du désert au centre de la Mauritanie et débarquer à Moncton pour étudier, c’est plus qu’un choc culturel. Ce n’est pas déménager dans un autre pays, dans un autre continent, c’est carrément déménager sur une autre planète!

Pourtant, tout au long de la soirée, je ne percevais aucune différence entre les étudiants d’ici et d’ailleurs. Tous, peu importe l’origine, l’histoire ou le bulletin scolaire, se mélangeaient comme s’ils avaient toujours vécu ensemble. La soirée s’annonçait magique.

Au Québec, sans vouloir donner de leçon à quiconque, nous devrions nous inspirer de ce modèle d’intégration qui, de toute évidence, permet à chacun de briller à sa manière, de faire partie de la même famille, et ce, malgré la distance avec la mère patrie. En tant que majoritaires, nous avons la responsabilité et serions surtout gagnants d’accueillir et d’aider à l’intégration des nouveaux arrivants, afin qu’ils ne se sentent pas exclus, les forçant à vivre en marge de notre société.

J’ai également eu le privilège de discuter avec le recteur et vice-chancelier de l’Université, le Dr. Denis Prud’homme, ainsi qu’avec la chancelière Louise Imbeault. Pour lui, la créativité, la langue française et la diversité sont essentielles au succès de l’Université ; pour elle, les multiples richesses des étudiants étrangers, combinées à l’unicité, la résilience et le profond enracinement culturel du peuple acadien, ont créé cet univers magique dont j’ai été témoin.

La recette miracle n’existe pas, à Moncton ou ailleurs. Cependant, ce que j’ai vécu est rare. Lors de mon discours, j’ai partagé ma vision du succès et de l’échec, de l’esprit d’équipe, de la collaboration et surtout de l’importance de travailler ensemble afin de maximiser les chances d’atteindre un objectif commun. Afin d’illustrer mes propos, j’ai pris pour exemple la mutuelle Assomption Vie et la coopérative financière UNI, deux piliers, deux véritables fleurons de l’entrepreneuriat francophone du Nouveau-Brunswick!

Seul on va vite, ensemble on va loin. En créant les conditions permettant cette coexistence minoritaire, autant les étudiants locaux que ceux d’ailleurs ont la possibilité d’apprendre et de sortir plus intelligents de cette expérience hors du commun. Pour terminer cette agréable soirée, je suis allé prendre un verre avec quelques membres du comité organisateur et je n’avais qu’un seul mot à leur dire: Bravo! 

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