La COVID augmenterait le risque de diabète chez les moins de 18 ans

Publié le 14/01/2022 à 12:50

La COVID augmenterait le risque de diabète chez les moins de 18 ans

Publié le 14/01/2022 à 12:50

Par La Presse Canadienne

(Photo: La Presse Canadienne)

Les jeunes de moins de 18 ans qui reçoivent un diagnostic de COVID-19 présentent ensuite un risque accru de recevoir un diagnostic de diabète, démontre une analyse réalisée par des chercheurs des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis.

Le risque de diagnostic de diabète était plus important chez ces jeunes que chez ceux qui n’avaient pas reçu de diagnostic de COVID-19 et même que chez ceux qui avaient reçu un diagnostic d’infection des voies respiratoires.

Ces conclusions vont dans le sens d’études précédentes qui avaient constaté une association entre la COVID-19 et le diabète chez les adultes.

« C’est un signal qu’on n’avait pas vu venir (chez les jeunes), basé sur les études antérieures, a commenté le docteur Rémi Rabasa-Lhoret, un spécialiste du diabète à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Il y a des mécanismes plausibles (…) même si on n’a pas prouvé d’une façon formelle les mécanismes par lesquels ça pourrait se produire. »

Les mécanismes responsables d’une hausse du risque de diabète chez les jeunes infectés par le SRAS-CoV-2 sont fort probablement très complexes, admettent ainsi les chercheurs du CDC, et découlent possiblement d’une atteinte directe aux organes impliqués dans le risque de diabète.

Les chercheurs soulèvent plusieurs hypothèses, comme une attaque directe des cellules pancréatiques et une hyperglycémie de stress associée à la tempête cytokinique qui a souvent fait la manchette.

Des expériences menées en laboratoire ont par exemple démontré que le SRAS-CoV-2 peut « abîmer » les cellules du pancréas qui produisent de l’insuline, a dit le docteur Rabasa-Lhoret.

De plus, ajoute-t-il, toutes les infections, dont la COVID, viennent interférer avec le fonctionnement normal des cellules de l’organisme, et des médicaments utilisés pour soigner la COVID (comme la cortisone) pourraient être en cause.

Prédiabète et surpoids

Les experts du CDC évoquent aussi une accélération possible du passage du prédiabète au diabète : un pourcentage des nouveaux diagnostics de diabète survient probablement chez des patients prédiabétiques, un problème qui touche 20 % des adolescents aux États-Unis, ont dit les auteurs.

Il n’est pas non plus impossible, ajoutent-ils, que les diagnostics de diabète soient survenus chez des jeunes qui ont pris du poids depuis le début de la pandémie, puisque le surpoids et l’obésité sont des facteurs de risque de premier plan pour le diabète.

« Quand on regarde les grandes études publiées, on voit qu’il y a à peu près 50 % des gens dont les habitudes alimentaires ou d’activité physique ou de stress ont finalement été relativement peu impactées par la COVID », a dit le docteur Rabasa-Lhoret.

« Il y en a à peu près un autre 25 % au contraire chez qui il y a une dégradation très importante (…) et qui malheureusement ont mal vécu les premières vagues de la COVID. On sait que des facteurs comme la sédentarité ou la mauvaise alimentation ou la prise de poids rapide chez quelqu’un de prédisposé peut effectivement déclencher le diabète. » 

L’analyse du CDC ne permet pas pour le moment de déterminer si le diabète associé à la COVID-19 est chronique ou transitoire.

Les experts demandent aux proches de jeunes ayant été infectés par le SRAS-CoV-2 de rester à l’affût des symptômes du diabète, entre autres une miction fréquente, une augmentation de la soif et de la faim, une perte de poids, la fatigue, des douleurs à l’estomac et des nausées ou vomissements.

On ne doit alors pas tarder à consulter un professionnel de la santé, plaide le docteur Rabasa-Lhoret, même si l’hésitation de la population à se présenter à l’hôpital ou à la clinique dans le contexte actuel est compréhensible et bien documentée.

« Plus les patients viennent tard, surtout pour le diabète de type 1, plus les risques pour la santé à court terme sont élevés, a-t-il rappelé. On voit effectivement des gens plus malades plus tardivement et on comprend très bien pourquoi les gens sont réticents à aller attendre des heures à l’urgence. »

 

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