Pas d’euphorie en vue pour la Banque Nationale


Édition du 20 Septembre 2023

Pas d’euphorie en vue pour la Banque Nationale


Édition du 20 Septembre 2023

Par Jean Gagnon

(Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

Le titre de la Banque Nationale s’est fait sévèrement bousculer à la suite de la publication des résultats du troisième trimestre, le titre passant d’un niveau de plus de 100,50$ la veille de l’annonce des résultats à 92,40 $ cinq jours plus tard.

Les attentes étaient probablement trop élevées, suggère d’entrée de jeu Philippe Côté, gestionnaire de portefeuille à Gestion de placements Eterna. Avant que les banques n’amorcent la divulgation de leurs résultats le 24 août, la Banque Nationale était certes la plus performante en Bourse des six grandes banques canadiennes, alors qu’elle affichait en date du 18 août un rendement de 10 % depuis le début de l’année alors que le rendement des cinq autres était négatif.

La Banque Nationale nous avait habitués à une solide exécution alors que ses activités sur les marchés des capitaux avaient la marque d’une excellente franchise et que la répartition géographique de ses activités la favorisait, grâce à une exposition d’environ 90% au Canada, explique Philippe Côté.

Mais la banque a dévoilé au troisième trimestre un bénéfice net de 205 millions de dollars (M $) pour ses activités sur les marchés financiers, comparativement à 279 M$ au même trimestre de l’année précédente, soit une baisse de 27 %. «Mais un mauvais trimestre à ce chapitre ne constitue pas nécessairement une tendance», s’empresse de rappeler le gestionnaire. La volatilité des résultats est souvent grande d’un trimestre à l’autre dans ce secteur d’activité.

 

Des vents contraires

Les banques canadiennes, dont la Banque Nationale, devront toutefois affronter plusieurs vents contraires au cours des prochains trimestres, explique Jean-Paul Giacometti, vice-président et gestionnaire de portefeuille à Claret. «Ça pourrait même s’étirer sur deux ou trois ans», dit-il.

Dans un contexte de ralentissement économique, le niveau des taux d’intérêt risque de causer bien des maux de tête à tous ceux qui auront à renouveler leurs prêts hypothécaires. Les dépenses des ménages en souffriront avec tout ce que cela implique pour les activités bancaires, principalement au chapitre des prêts et de la qualité du crédit. «Pour les titres bancaires, on peut s’attendre à ce que l’euphorie ne revienne pas de sitôt», dit le gestionnaire. L’action de la Banque Nationale risque de ne pas y échapper.

Poussée spectaculaire

Après le choc boursier causé par l’arrivée de la COVID-19 en mars 2020, le cours de l’action de la Banque Nationale a amorcé une spectaculaire remontée qui fit passer le titre de 40 $ à 105 $ à l’automne 2021. Mais, comme le montre le graphique des variations hebdomadaires, ce niveau devait être le sommet pour les deux années qui allaient suivre, explique Monica Rizk, analyste technique senior pour les publications Phases & Cycles.

Au cours des quelques trimestres suivants, une correction tout à fait prévisible équivalant au tiers de la hausse post-COVID a ramené le titre jusqu’à 82 $. Puis, il a retrouvé une tendance haussière et s’est approché à maintes reprises, durant la dernière année, de son sommet de 105 $. Mais chaque fois, il s’est buté à une solide résistance (ligne ombragée rose) qui a freiné la hausse.

 

Un état de fatigue

Le recul précipité du titre à la suite de la divulgation des récents résultats fait en sorte que celui-ci se négocie maintenant sous ses moyennes mobiles de 10 semaines (ligne noire) et de 40 semaines (ligne grise). «Cela indique que le titre se retrouve dans un état de fatigue certain», dit Monica Rizk. Un bon niveau de soutien existe dans la région de 92 $ à 94 $(courte ligne pointillée), mais au moment où ces lignes étaient écrites, le cours de l’action menaçait de l’enfoncer. S’il y parvient, le soutien suivant se situe à 82-83 $ (longue ligne pointillée).

Pour les investisseurs tactiques, la tentation pourrait être forte de profiter du recul actuel pour acheter le titre. Toutefois, Monica Rizk rappelle que septembre est un mois généralement difficile sur les marchés boursiers. La faiblesse des marchés s’étend aussi parfois jusqu’à octobre. Selon elle, patienter un mois ou deux avant de s’engager serait probablement la voie la plus prudente.

 

Des analystes prudents

La Banque Nationale a réalisé un bénéfice par action de 2,21$ au dernier trimestre, mais cela était bien en deçà de la prévision du consensus des analystes à 2,37 $, note Sohrab Movahedi, analyste à BMO Marchés des capitaux. Par ailleurs, Il constate que le ratio de capital de premier rang qui se situe à 13,5 % assure à la banque une solide situation financière. En conséquence, il maintient son cours cible pour les douze prochains mois à 103 $, soit la résistance sur laquelle le titre se bute depuis près de deux ans.

Doug Young, analyste à Valeurs mobilières Desjardins, ne s’étonne pas, pour sa part, de l’incidence négative sur le cours de l’action des récents résultats, car les bénéfices nets avant impôts et provisions pour pertes ont été de 7 % inférieurs à ce qu’il avait prévu. Lui aussi fixe son cours cible à 103 $.

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