Bourse: la folie des rumeurs

Publié le 13/09/2011 à 14:23

Bourse: la folie des rumeurs

Publié le 13/09/2011 à 14:23

Par AFP

Les rumeurs se sont multipliées mardi dans les salles de marché faisant vivre une nouvelle fois une folle journée à la Bourse de Paris et tout particulièrement aux valeurs bancaires plus que jamais au coeur de la tempête.

Les analystes espéraient un retour au calme après deux séances noires vendredi et lundi où le CAC 40 a cédé respectivement 3,60% et 4,03%.

Le répit a été de courte durée. Après une ouverture en hausse de près de 2%, le marché parisien craque dès les premiers échanges, emporté par des rumeurs alarmantes.

"La Chine refuserait d'acheter des obligations d'Etat italiennes", affirme Dov Adjedj, vendeur d'actions chez Aurel BGC.

Une situation particulièrement anxiogène pour Rome qui fait face à une grave crise de confiance sur les marchés et cherche à assurer des débouchés pour ses titres de dette.

Dans la foulée, le secteur bancaire flanche, BNP Paribas en tête. Particulièrement exposée à la dette italienne, l'action de la première banque française décroche de 10%.

La société est aussi victime d'une tribune publiée dans le quotidien américain le Wall Street Journal affirmant qu'elle ne peut plus trouver de liquidités en dollars. Le groupe se voit dans l'obligation de démentir au plus vite, assurant qu'il "se finance tout à fait normalement" dans la devise américaine.

Il faudra une nouvelle rumeur, relayée abondamment par Twitter, pour retourner complètement la tendance vers 12H15.

"Possible initiative franco-allemande sur la Grèce, Sarko et Merkel sont résolus à agir", peut-on lire sur le réseau social.

Affolés depuis plusieurs jours à l'idée qu'Athènes ne soit pas en mesure de respecter ses engagements budgétaires et se retrouve de facto en faillite, les investisseurs se prennent à espérer une annonce forte.

L'Elysée et la chancellerie allemande démentent toute déclaration dans la journée, faisant une fois de plus vaciller le marché parisien, mais le gouvernement grec vient rapidement à la rescousse, annonçant une téléconférence mercredi entre le Premier ministre Georges Papandréou, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel.

Les actions des banques se retournent. Société Générale --qui a dévissé de plus de 6% dans la matinée-- bondit de 7%, Crédit Agricole de 5,5% après avoir cédé jusqu'à 5%. Même BNP Paribas parvient à s'adjuger 1%.

Séance particulièrement éprouvante

"On espère que les dirigeants vont parvenir à désamorcer la bombe grecque mais jusqu'à présent ils ont fait surtout preuve de leur incapacité", souligne inquiet Renaud Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse.

15H30, l'ouverture de Wall Street à l'équilibre apaise aussi les esprits. Le CAC 40 commence à engranger des gains. A 16H03, 90 minutes avant la clôture, il s'adjuge 1,22%.

Le Brésil s'invite alors dans les salles de marché. Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, annonce que les cinq pays émergents du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) discuteront la semaine prochaine de la possibilité de venir en aide à l'Union européenne.

Les bancaires en profitent pour continuer leur course folle. Société Générale, dont le titre a perdu environ 60% de sa valeur depuis le 1er juillet, fait la course en tête.

A la clôture, le secteur bancaire s'est redressé de manière spectaculaire. La banque de la Défense s'envole de 15%, BNP Paribas de plus de 7% et Crédit Agricole de plus de 6,5%. Le CAC 40 termine pour sa part sur un gain de 1,41%.

"La séance a été particulièrement éprouvante pour nos nerfs", soupire M. Adjedj.

"On s'est fait balader toute la journée au gré des rumeurs et il a fallu informer les clients en permanence. La charge de travail a été très lourde", explique-t-il.

Le vendeur d'actions n'est pas tout à fait au bout de ses émotions. Après la clôture, BNP Paribas annonce qu'elle demande à l'Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse, l'ouverture d'une enquête à la suite de la tribune du Wall Street Journal.

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