Bourse: clôture en forte baisse, mais pas de panique

Publié le 04/01/2016 à 11:29, mis à jour le 04/01/2016 à 16:59

Bourse: clôture en forte baisse, mais pas de panique

Publié le 04/01/2016 à 11:29, mis à jour le 04/01/2016 à 16:59

(Photo: Bloomberg)

Wall Street a fini sa première séance de 2016 sur une chute, résistant un peu mieux toutefois que les principales places européennes à l'angoisse d'un atterrissage brutal de l'économie chinoise et aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient: le Dow Jones a perdu 1,58% et le Nasdaq 2,08%.Voici la situation sur les marchés vers 11h45:

À Toronto, le S&P/TSX reculait de 82,80 points, ou de 0,64%, à 12 927 points.
Le S&P 500 perdait 31,28 points, ou 1,53%, à 2012 points.
Le Dow Jones chutait de 276 points, ou de 1,58%, à 17149 points.
Le Nasdaq se repliait de 104 points, ou de 2,08%, à 4903 points.

Mauvais pied

«On commence l'année du mauvais pied mais on n'a pas le sentiment d'une panique», a résumé Art Hogan, chez Wunderlich Securities.

Les indices américains ont rapidement lâché du lest après l'ouverture, mais ont limité leurs pertes en cours de séance malgré les inquiétudes provoquées par la chute des marchés chinois et le regain de tensions entre l'Arabie Saoudite et l'Iran.

La plupart des analystes ont expliqué qu'un mauvais indicateur sur l'activité manufacturière en Chine, publié durant le weekend, avait fait chuter lundi les Bourses du pays, conduisant à la suspension de leurs cotations, puis les autres grandes places mondiales.

Mais pour Alan Skrainka, chez Cornerstone Wealth Management, c'est surtout l'expiration d'une mesure interdisant de vendre aux grands investisseurs qui a déclenché la chute des indices chinois, où il refusait de voir un motif d'inquiétude profonde pour les économies européenne ou américaine.

«Evidemment quand les gens voient un marché (ndlr: les Bourses de Shanghai et Shenzhen) chuter de 7%, ils en concluent immédiatement que de gros problèmes se préparent pour l'économie chinoise, mais en réalité le marché (chinois) avait le comportement d'une bulle, (..) cela ne veut pas dire que notre économie ou l'économie américaine se dirigent vers une récession», a-t-il assuré.

Pour autant, les indicateurs américains n'ont fourni aucun réconfort.

L'activité dans le secteur manufacturier aux Etats-Unis s'est contractée en décembre pour le deuxième mois consécutif selon l'indice des directeurs d'achat de ce secteur publié par l'association professionnelle ISM, et les dépenses de construction ont reculé contre toute attente en novembre.

«Tout cela conduit le marché à très mal commencer l'année», a souligné Peter Cardillo, chez First Standard Financial craignant que le ton soit ainsi déjà donné pour 2016 alors que 2015 a été mitigé, avec le premier recul du Dow Jones depuis 2008 et la crise financière.

Le marché obligataire a progressé. Le rendement des bons du Trésor à dix ans baissait à 2,235% contre 2,269% jeudi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,980% contre 3,016% le 31 décembre.

Un mauvais début d'année qu'il faut relativiser

Les indices se dirigeaient vers leur pire début d’année depuis la grande crise, des comparaisons que les médias financiers ont alimenté avec leurs titres alarmistes.

En cours de séance, la perte de 2,6% du S&P 500 était son troisième pire début d’année depuis 1927, tandis que le Dow Jones perdait le plus depuis 1932, selon Market Watch.

Les actions mondiales ont aussi connu leur pire début d’année en 30 ans, avec un recul de 2,4%.

Heureusement, la première séance de l’année n’a aucune valeur de prévision, pour le reste de l’année.

La performance annuelle ne suit les pertes ou les gains de la séance inaugurale que 50% du temps, nous apprennent les annales de la Bourse, depuis 1904.

Les annales de janvier pour le Dow Jones sont plus tenaces : la performance de janvier donne le ton au reste de l’année 72% du temps, selon les données de cet indice emblématique.

Finalement, la récupération de fin de séance a limité les dégâts. Le recul du S&P 500 de 1,8% s’est avéré plus modeste que celui de 2,8% à la première séance de 2001 en pleine implosion de la bulle de technologie.

Le Dow Jones a récupéré 174 des 450 points perdu plus tôt dans la journée. L’indice a terminé en baisse de 1,6%.

La nouvelle contraction des indices manufacturiers américain et chinois en décembre, la suspension des négociations à la Bourse de Shanghai après une chute rapide de 7%, et les tensions au Moyen-Orient, démarrent tout de même 2016 sur un bien mauvais pied.

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