Les sociétés chinoises, parmi les rares à se presser pour entrer en Bourse à New York

Publié le 08/05/2023 à 14:04

Les sociétés chinoises, parmi les rares à se presser pour entrer en Bourse à New York

Publié le 08/05/2023 à 14:04

Par AFP

Les groupes chinois profitent de la réouverture de l’économie chinoise après quasiment trois ans de politique zéro Covid. (Photo: Getty Images)

Hausse des taux, crise bancaire et incertitude économique ont douché les velléités de beaucoup pour s’introduire en Bourse depuis le début de l’année, à quelques exceptions, dont de petites sociétés chinoises, débarquées par dizaines sur la place new-yorkaise, malgré les tensions entre États-Unis et Chine. 

Golden Heaven, Top KingWin ou Millennium Group ont beau être des sociétés à faible notoriété, trois PME chinoises dont le chiffre d’affaires annuel réuni dépasse à peine 100 millions de dollars, elles n’en sont pas moins désormais cotées à Wall Street. 

Comme elles, des dizaines d’entreprises chinoises ont réussi leur « IPO », leur entrée à la Bourse de New York, depuis janvier, la plupart au Nasdaq, sur un marché pourtant en hibernation, qui a connu plusieurs semaines sans aucune introduction.

Pour Bob McCooey, responsable de la cotation des sociétés d’Asie et Pacifique au Nasdaq, le mouvement profite d’un accord entre les autorités américaines et chinoises sur un point qui faisait peser un dangereux aléa sur les groupes chinois de Wall Street.

La Chine refusait jusque-là que les auditeurs des entreprises chinoises cotées à New York puissent faire l’objet de vérifications de la part de l’organisation comptable indépendante PCAOB, comme le prévoyait une loi votée au Congrès américain en décembre 2020. 

Quelque 248 entités chinoises cotées aux États-Unis, avec une capitalisation totale de plus de 2000 milliards de dollars, étaient menacées d’un départ forcé de Wall Street faute de s’être mises en conformité avec le texte.

En août, cinq grandes sociétés chinoises avaient même choisi de quitter d’elles-mêmes la place new-yorkaise, notamment le pétrolier PetroChina ou le géant de l’aluminium Chalco.

Un accord est finalement intervenu entre gouvernements quelques jours plus tard, « ce qui a contribué à rouvrir la fenêtre des introductions pour certaines compagnies chinoises qui avaient mis leurs projets entre parenthèses », explique Bob McCooey. 

Par ailleurs, en février dernier, le gendarme chinois des marchés, la CSRC, a clarifié les règles applicables aux sociétés souhaitant se faire coter à l’étranger, une initiative interprétée comme un geste d’ouverture.

Petits montants

Outre cette éclaircie réglementaire, les groupes chinois profitent de la réouverture de l’économie chinoise après quasiment trois ans de politique zéro Covid. Elle a fait espérer un rebond vigoureux de l’activité et de la consommation, à un rythme supérieur à celui des économies occidentales. 

« Les investisseurs sont toujours à la recherche d’opportunités » d’investissement, fait valoir Bob McCooey, ce qui peut les amener à « diversifier géographiquement leur portefeuille et à investir ailleurs que dans leur région ».

La presque totalité des introductions de valeurs chinoises a levé moins de 50 millions de dollars chacune. Ces montants modérés expliquent, pour partie, cette série à succès, selon Matthew Kennedy, stratégiste senior du cabinet spécialisé Renaissance Capital.

Ces petits acteurs chinois ont aussi pour eux d’être rentables, pour la plupart, un atout dans un contexte incertain. Ceux qui ne le sont pas appartiennent souvent à un secteur en vogue et prisé des investisseurs, comme Xiao-I, spécialisé dans l’intelligence artificielle, ou Healthy Green Group, chaîne de magasins d’alimentation bio. 

La Chine prohibe les investissements étrangers directement au capital de sociétés nationales dans la plupart des secteurs économiques, sauf à ce que leur siège se situe ailleurs qu’en République populaire. Pour contourner cette interdiction, elles recourent à un double mécanisme complexe, appelé VIE côté chinois et ADR (ou ADS) côté américain. 

Concrètement, les investisseurs qui souscrivent à ces ADR détiennent des parts d’une société miroir du groupe chinois concerné, mais pas réellement un morceau de l’entité principale.

Pour Matthew Kennedy, le contexte géopolitique, qui a vu les tensions s’accroître entre Chine et États-Unis ces derniers mois, ne pèse pas sur la propension des PME chinoises à rejoindre Wall Street. 

« Cela dit, je ne serais pas surpris si la situation évoluait, car les deux gouvernements ont déjà démontré leur volonté d’utiliser la régulation financière comme un instrument politique », tempère-t-il. 

D’ores et déjà, les Bourses new-yorkaises sont relativement inaccessibles pour un fleuron chinois de taille conséquente, considère l’analyste, en partie parce que la Chine « veut promouvoir sa propre place financière » et pousser ses entreprises à se faire coter chez elles.

« Une petite compagnie, elle, peut se faire coter aux États-Unis sans déclencher une tempête politique. »

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