L'entêtement de Stephen Harper et des cheikhs du pétrole

Publié le 13/01/2015 à 11:58

L'entêtement de Stephen Harper et des cheikhs du pétrole

Publié le 13/01/2015 à 11:58

Par Jean Gagnon

La chute du prix du pétrole qui semble ne pas vouloir s’arrêter pour l’instant aura-t-elle finalement raison de l’entêtement du gouvernement fédéral à assurer les Canadiens que le budget fédéral sera équilibré dès l’exercice 2015-16?

C’est ce que semble croire le service d’études économiques de la Banque TD. Il a publié mardi matin un rapport qui prévoit un déficit de 2,3 milliards de dollars plutôt que le surplus de 1,9 milliard anticipé par le ministre des Finances Joe Oliver pour 2015-2016. Les économistes de la TD prévoient également un déficit de 600 millions en 2016-17. Le retour à l’équilibre budgétaire serait donc repoussé à l’exercice 2017-18.

Ce pourrait être encore pire si le prix du pétrole continue de baisser. S’il tombe à 40$US et demeure à ce niveau, le déficit pour l’exercice 2015-16 grimpera à 4,7 milliards et celui de l’exercice 2016-17 à 2,4 milliards, selon les experts de la TD.

Ces prévisions reposent sur la prémisse que le gouvernement ne prendra aucune mesure supplémentaire afin d’augmenter les revenus ou de réduire les dépenses. La décision d’aller dans cette direction semble plutôt improbable compte tenu de l’élection générale qui aura lieu à l’automne.

La dernière prévision du ministre Oliver d’un surplus de 1,9 milliard a été faite au moment où le baril de pétrole valait encore 81$US. Il est tombé ce matin sous la barre de 45$US. Le mois dernier, le premier ministre Stephen Harper affirmait qu’il n’y avait aucun doute que l’équilibre budgétaire serait atteint dès 2015-16, ce que le ministre Joe Oliver a réaffirmé le 2 janvier.

Les économistes de la TD rappellent toutefois que le gouvernement a mis de côté 3 milliards par année afin de répondre aux situations d’urgence. C’est en pigeant dans ce fonds que le gouvernement pourrait éventuellement atteindre de légers surplus au cours des prochaines années, selon eux.

Ceci pourrait bien être sa dernière carte, car il ne semble pas que ce soit les cheikhs du golfe Persique qui aideront le prix du pétrole à remonter. Encore ce matin, le ministre du pétrole des Émirats arabes unis (U.A.E.), Suhail Mohamed Faraj al-Mazroui, a affirmé lors d’une conférence à Abu Dhabi que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne changerait sa décision prise le 27 novembre dernier de maintenir ses quotas de production.

Selon le ministre al-Mazrouei, il est très improbable que le prix du pétrole se redresse rapidement. Il se dit préoccupé par le déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché du pétrole, mais il indique que les membres de l’OPEP ne ne sont pas les seuls responsables du déséquilibre.

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