Bourse: pourquoi le repli est passager


Édition du 19 Avril 2014

Bourse: pourquoi le repli est passager


Édition du 19 Avril 2014

Par Thomas Cottendin

Les indices américains ont enregistré leur plus important repli depuis 2012 au cours de la semaine terminée le 11 avril, effaçant du coup les gains accumulés en 2014. Malgré cette baisse de régime, le temps de sauter du bateau n'est pas encore venu, estiment les experts.

Fidèle à sa bipolarité, M. Le Marché a récemment fait des siennes. Le 10 avril, l'indice technologique Nasdaq a perdu 3,1 %, touchant un creux de deux mois, tandis que l'indice élargi S&P 500 a cédé 2,1 % pour clôturer à son niveau du 29 février.

Pourtant, «la correction observée n'est pas énorme», estime Alain Chung, vice-président exécutif et gestionnaire de portefeuille chez Claret. Le recul des derniers jours a principalement touché les titres des secteurs de l'Internet et de la biotechnologie. Cependant, ces secteurs demeurent relativement coûteux, juge-t-il.

Un recul encore plus marqué est envisageable, surtout pour les titres qui se négocient à près de 100 fois leurs bénéfices ou plus, comme ceux de Facebook, Netflix et LinkedIn. Une telle évaluation est «ridicule», déplore le gestionnaire. «Ça rappelle la bulle technologique.»

«On se demande si les vendeurs sont vraiment déterminés», dit Pierre Lapointe, stratège pour le courtier institutionnel et gestionnaire de portefeuille Pavilion Marchés Mondiaux. L'expert note qu'il y a eu un nombre élevé de ventes à découvert, mais le phénomène touche seulement un nombre restreint de secteurs. «Dans un véritable marché baissier, tous les secteurs baisseraient», soutient M. Lapointe.

Pas encore lieu de s'inquiéter

Malgré les anomalies actuelles, il n'y a pas encore lieu de s'inquiéter, disent les experts.

«Les différences entre les années 2000 et aujourd'hui sont plus importantes que les similitudes», écrit David Kostin, stratège chez Goldman Sachs, dans une lettre à ses clients.

Les investisseurs n'ont pas encore jeté l'éponge, observe-t-on chez Pavilion. Le récent recul ressemble davantage à une prise de bénéfices qu'à un renversement de tendance. «Nous ne voyons aucun volume anormal de ventes par les initiés. De plus, les spéculateurs sont neutres à l'égard des contrats à terme du S&P 500», dit M. Lapointe. Cela traduit selon lui une volatilité normale du marché.

De son côté, Edward Yardeni, stratège en chef de Yardeni Research, remarque que les titres de technologies et de biotechnologies ne sont pas les seuls à commander une évaluation plus généreuse. En effet, le ratio cours/bénéfice du S&P 500 est supérieur à 17, tandis qu'il était inférieur à 14 à la fin de 2012.

Toutefois, à long terme, la récente culbute est salutaire pour la Bourse, estime Edward Yardeni. «Cela réduit le risque de surchauffe et d'une chute encore plus brutale des cours [dans le futur]», soutient-il.

Alain Chung demeure optimiste à l'égard de la Bourse américaine, même s'il n'investit pas toutes les liquidités à sa disposition. Le gestionnaire recommande d'investir les liquidités de façon graduelle. À ceux qui souhaitent de s'aventurer dans le secteur techno américain, M. Chung estime que certains titres recèlent encore du potentiel. «Cisco et Hewlett-Packard ont encore de l'allure et ils ne sont pas chers.»

Quant aux obligations à long terme, elles constituent la catégorie d'actif la plus risquée, en raison de la hausse probable des taux d'intérêt, soutient le gestionnaire de Claret. «Les rendements sont minimes. On n'est pas du tout payé pour le risque.» Le gestionnaire préfère les substituer à des titres industriels dont le rendement du dividende est de 3 %. «À un moment, les dividendes finiront par être augmentés.»

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