Une prudence payante pour Lassonde

Publié le 01/11/2008 à 00:00

Une prudence payante pour Lassonde

Publié le 01/11/2008 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

En pleine tourmente économique, la stratégie prudente de croissance d'Industries Lassonde (Tor., LAS.A, 35,60 $) et son créneau - les jus - ont tout à coup meilleure allure.

Trois gestionnaires de portefeuilles se disent en effet très à l'aise de conserver leurs actions de Lassonde, car l'entreprise familiale résistera mieux que d'autres aux effets du ralentissement économique.

Le maintien de sa rentabilité en période de récession est clairement un point en sa faveur, dit Martin Dufresne, gestionnaire chez Fiera Capital, un actionnaire de Lassonde. Comme quoi la lente accumulation de profits peut aussi enrichir.

Pas de feux d'artifice

" C'est le genre de titre qu'on peut acheter et oublier dans son tiroir pendant des années ", dit Benjamin Horwood, président de Value Contrarian Management, un gestionnaire qui se spécialise dans l'achat de titres sous-évalués.

" J'aime l'industrie. Ses produits ne risquent pas d'être désuets dans six mois. J'aime aussi l'équipe de direction. Elle a réussi à mettre la main sur différentes marques et à s'étendre au Canada, en réalisant des acquisitions à bon prix ", explique M. Horwood.

Même s'il a déboursé 27 $ pour ses actions, il y a cinq ans, M. Horwood considère que le cours de Lassonde est encore peu élevé par rapport au bénéfice. M. Horwood ne s'attend pas à des feux d'artifice, mais le titre peut procurer un rendement solide de 6 à 8 % par année, grâce à la croissance et à son dividende.

Lassonde distribue environ le quart de son bénéfice sous forme de dividendes.

De plus, à long terme, il est toujours possible que l'entreprise familiale soit vendue.

Or, dans l'industrie alimentaire, les acquéreurs paient généralement leur proie 10 à 12 fois le bénéfice d'exploitation par action. Une telle évaluation équivaut à un cours de 55 à 65 $ pour Lassonde, dit M. Horwood.

Le principal défaut du titre est le faible volume de transactions en Bourse. Il est difficile d'en acheter sans influer sur le cours, dit M. Horwood.

Pour sa part, M. Dufresne souligne qu'" à petits pas, marque par marque, marché par marché, Lassonde progresse malgré la rivalité de Pepsi et de Coke ".

Depuis 10 ans, l'entreprise a triplé ses ventes et presque multiplié son bénéfice par huit. Avec toutes ses marques de jus, Lassonde occupe le premier rang canadien avec 22 % du marché, selon ACNielsen.

Sursaut de croissance

Industries Lassonde bénéficie aussi de l'expansion que prend son client Metro en Ontario, avec l'achat d'A&P Canada.

" Un gérant d'une épicerie Foods Basics m'a dit à quel point il était content de pouvoir offrir un produit de spécialité comme les bouillons à fondue Canton dans ses épiceries ", dit M. Dufresne.

Lassonde a profité de la consolidation des chaînes d'alimentation pour s'y tailler une place de choix, à un moment où celles-ci réduisent le nombre de leurs fournisseurs, souligne Daniel Lavoie, analyste chez Montrusco Bolton, un important actionnaire de Lassonde.

Christian Godin, gestionnaire chez Montrusco Bolton, s'attend à ce que l'action de Lassonde s'apprécie même s'il y a récession, car la société connaît un sursaut de croissance grâce à l'achat des jus McCain, à Calgary, en 2007.

En 2008, ses revenus devraient augmenter de 22 %, et son bénéfice, de 28 %, prévoit M. Lavoie. Selon lui, Lassonde peut augmenter ses revenus de 10 à 12 % par année, sans réaliser d'acquisitions.

dominique.beauchamp@transcontinenal.ca

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