Le REER, ça ne sert à rien!

Publié le 22/02/2023 à 11:59

Le REER, ça ne sert à rien!

Publié le 22/02/2023 à 11:59

L’écart de taux d’imposition lorsque vous êtes à l’emploi comparé à lorsque vous serez à la retraite est généralement favorable et vous gonflez votre « balloune » REER sans érosion fiscale pendant plusieurs décennies. (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Le régime enregistré d’épargne retraite est probablement le véhicule le plus contesté des contribuables. Pourquoi? Parce qu’il est extrêmement difficile de chiffrer l’avantage économique que nous en retirons au fil du temps.

Il est possible de cotiser au REER et de déduire dans la même année ou à une année ultérieure. La cotisation est majoritairement faite lorsque vous êtes dans votre vie active, soit lorsque vous travaillez et le retrait se fait à des années-lumière, soit à la retraite.

La cotisation REER peut se faire dès 13-14 ans, lorsque vous générez du revenu de travail ou locatif. Le retrait des sommes peut commencer au plus tard à 71 ans.

Dans le domaine, on se fait souvent dire que le REER ne sert à rien et que le compte taxable constitue une bien meilleure solution. Je vais vous amener quelques points portant à réflexion, sans utiliser de calcul.

 

Vous gagnez au change avec le taux d'imposition

Qui génère un revenu imposable plus élevé à la retraite que lorsqu’il travaille? Je ne connais pas beaucoup de personnes dont c’est le cas. Ceux ou celles qui génèrent plus de revenus à la retraite que lors de leur vie active font partie de ces trois groupes:

  • Vous avez eu un gain important de loterie faisant en sorte qu’on se retrouve avec un montant important dans un compte taxable qui génère des revenus d’intérêts, dividendes et gains en capital, année après année s’ajoutant à votre déclaration de revenus.
  • Vous étiez un épargnant dévoué, prêt à faire des pieds et des mains pour investir ou vos investissements ont été extrêmement rentables. Vous avez donc converti rapidement vos revenus en actifs, ce qui vous génère des revenus passifs importants.
  • Vous avez vendu votre entreprise. Les sommes vous ont été versées, donc vous vous retrouvez avec un important montant dans un compte taxable qui génère des revenus d’intérêts, dividendes et gains en capital, année après année s’ajoutant à votre déclaration de revenus.

Si vous vous retrouvez dans une des situations ci-haut, vous avez été chanceux ou vous avez travaillé extrêmement fort.

Il est cependant possible de dire, sans se tromper, que la grande majorité des contribuables vont gagner un revenu imposable plus élevé lorsqu’ils travaillent que lorsqu’ils sont à la retraite. Par conséquent, pourquoi ignorer le REER? La recette est facile à appliquer. Déduire lorsque vous travaillez au taux d’imposition élevé et être imposé aux taux faibles lorsque vous retirez.

Un remboursement d’impôts en date d’aujourd’hui vaut également toujours plus qu’une imposition dans plusieurs années. Si l’on voulait chiffrer le réel avantage de la cotisation REER, il faudrait actualiser les rendements, le remboursement d’impôts sur la déduction et l’impôt à payer sur le retrait.

 

L'effet boule de neige du rendement à l'abris de l'impôt

L’autre avantage non négligeable c’est que le REER travaille avec de l’argent brut, alors que le compte taxable (hors REER, hors CELI) travaille avec une érosion fiscale constante. Je m’explique.

D’un côté, la cotisation REER va pouvoir être déduite des revenus gagnés au cours de l’année. Le montant cotisé va donc effacer une portion du revenu gagné par le contribuable. Ceci va générer un remboursement d’impôts.

Le REER travaille avec un montant non imposé ou brut, jusqu’à la retraite. Par conséquent, le rendement généré sur de l’argent non imposé va croître plus rapidement que s’il y avait eu une imposition annuelle. Le montant total de votre REER sera imposable, mais vous n’êtes pas obligé de retirer la totalité des sommes à une année précise. Vous pouvez retirer au compte-gouttes les montants pour diminuer l’imposition.

D’un autre côté, les rendements du compte taxable, appelé dans notre jargon le compte non enregistré, vont être imposés via les feuillets fiscaux émis. Au fil du temps, l’équation sera:

Valeur du compte non taxable = montant investi + rendement - imposition

Même si vous êtes moins imposé lors du retrait, l’imposition annuelle vient éroder la valeur des placements.

Si j’ai le choix entre un compte non enregistré ou un compte REER, ma décision sera facile: le REER. Il a été mis en place pour financer votre retraite. L’écart de taux d’imposition lorsque vous êtes à l’emploi comparé à lorsque vous serez à la retraite est généralement favorable et vous gonflez votre « balloune » REER sans érosion fiscale pendant plusieurs décennies, si vous épargnez tôt dans ce compte.

À propos de ce blogue

Thomas Gaudet est CPA de formation, mais sa véritable passion est de démocratiser les finances personnelles. L’homme «aux bas bruns» adore tout ce qui touche la planification financière. Il travaille actuellement pour le cabinet de gestion de patrimoine Altitude conseils financiers. Il rencontre chaque jour des entrepreneurs, des professionnels des affaires et de la santé pour discuter de leurs enjeux et leurs besoins financiers. Il s’implique également beaucoup dans sa communauté. Il siège sur les conseils d’administration du Cégep de Drummondville et de la Jeune Chambre de Drummond.

Thomas Gaudet

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