Intraprenez!

Publié le 03/10/2022 à 13:00

Intraprenez!

Publié le 03/10/2022 à 13:00

En relevant le défi de l'intrapreneuriat, les professionnels sont mobilisés, apprennent davantage, perçoivent assurément la confiance que place leur employeur en leurs aptitudes. (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. La conciliation travail-vie personnelle prend de plus en plus de place, notamment chez les jeunes. Un récent sondage Léger commandé par le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) révélait que 62% des jeunes professionnels de 16 à 35 ans donnent la priorité à leur vie personnelle. C’est un changement de paradigme, après des décennies où le carriérisme était la norme.

Couplé à la faible intention d’entreprendre que l’on observe depuis les derniers mois, il est légitime de s’interroger sur l’impact que cela aura sur le tissu économique du Québec, mais surtout sur les manières d’affronter ces évolutions de fond du marché du travail.

Une des solutions serait possiblement de miser sur le désir de réalisation au travail et d’encourager l’intrapreneuriat au sein de nos entreprises.

 

Moteur de création d’entrepreneurs

Miser sur l’intrapreneuriat, c’est miser sur de jeunes professionnels, afin qu’ils développent des projets spéciaux qui auront un impact durable sur l’entreprise. On peut citer, par exemple, la création d’un nouveau produit ou encore de lancer une nouvelle division.

Cette pratique a deux avantages majeurs. 

Premièrement, les professionnels s’engagent dans une voie entrepreneuriale, sans toutefois en porter le risque financier qui est pris par son employeur. 

Deuxièmement, en relevant un tel défi, les professionnels sont mobilisés, apprennent davantage, perçoivent assurément la confiance que place leur employeur en leurs aptitudes. Ils sont aussi plus à même de rester dans l’entreprise à court voire à moyen terme. 

 

Un couteau à double tranchant?

L’intrapreneuriat est souvent une passerelle vers l’entrepreneuriat. Évidemment, cela pourrait refroidir certains employeurs, qui perdraient de précieux joueurs. Toutefois, c’est plutôt une occasion favorable pour eux.

En effet, d’une part, ils pourront compter sur la détermination d’une personne qu’ils estiment compétente pour développer un projet durable et bénéfique pour la croissance de l’entreprise.

D’autre part, dans un contexte de fort déséquilibre de l’offre et de la demande de main-d'œuvre, associer une ou un employé clé qui ferait ainsi ses preuves et aurait l’âme d’un entrepreneur représente une avenue plutôt séduisante.

Enfin, quand bien même l’intrapreneur quitterait pour se lancer en affaires, l’entreprise bénéficiera toujours du travail effectué, en plus d’avoir facilité le départ en affaires d’un nouveau créateur de richesse. Une situation gagnant-gagnant pour l’économie du Québec, dans une période où nous en avons besoin.

Pour information, le même sondage du RJCCQ cité plus haut indique que 33% des jeunes professionnels envisageraient sérieusement de se lancer en affaires si leur employeur autorisait un modèle d’intrapreneuriat. Avis aux amatrices et aux amateurs!

À propos de ce blogue

Passionné d’économie et de philosophie politique, Pierre Graff évolue depuis 10 ans dans le monde des affaires. Il se questionne sur les enjeux politico-économiques au Québec et au Canada, et plus particulièrement ce qui affecte les jeunes gens d’affaires et les générations à venir. Il est actuellement PDG du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ).

Pierre Graff

Sur le même sujet

«L'énergie verte n'est pas encore au rendez-vous», dit Eric Reguly

25/11/2022 | Karl Moore

BLOGUE INVITÉ. «Il y a 20 ans, [l’énergie verte] se développait plus rapidement qu'aujourd'hui», observe le journaliste.

La nouvelle socialisation de l’économie chinoise

Édition du 09 Novembre 2022 | François Normand

ZOOM SUR LE MONDE. Le 20e congrès du Parti communiste chinois marque le déclin d’un modèle économique axé sur le privé.

Blogues similaires

Russie, Twitter et Qatar: prochains Waterloo?

22/11/2022 | Nicolas Duvernois

BLOGUE INVITÉ. La Russie, le Qatar, et Elon Musk vont-ils «frapper leur Waterloo»?

Mais ça fait quoi un PDG?

24/11/2022 | Dominic Gagnon

BLOGUE INVITÉ. Voici sur quoi se concentrent les PDG dans une journée.

Mauvaise nouvelle: l'emploi augmente!

28/11/2022 | Pierre Cléroux

EXPERT INVITÉ. Comment une même nouvelle peut-elle être à la fois bonne et mauvaise?