Comment éviter le suicide d'un de vos employés?

Publié le 29/01/2015 à 06:09, mis à jour le 29/01/2015 à 06:19

Comment éviter le suicide d'un de vos employés?

Publié le 29/01/2015 à 06:09, mis à jour le 29/01/2015 à 06:19

«Au Canadiens, j’ai eu comme collègue un Russe qui s’appelait Vladimir Malakhov, a-t-il dit. Un très bon joueur, mais qui était – disons – très réservé : il arrivait que je lui lance un «Bonjour Vlad !», et parfois il me répondait, parfois il ne me répondait pas. Sans qu’on sache au juste pourquoi. Il était froid, il était comme ça. L’ennui, c’est que les autres ont commencé à dire de lui qu’il n’avait pas vraiment l’esprit d’équipe, qu’ils trouvaient son comportement bizarre et désagréable. À tel point que la direction a commencé à envisager de l’échanger. Quand je l’ai appris, je me suis dit qu’on ne pouvait pas se permettre de perdre un tel joueur. Alors, un beau jour, au lieu de le saluer, je l’ai carrément pris dans mes bras et je lui ai fait un câlin ! Et regardez-moi bien, quand je décide de faire un câlin à quelqu’un, c’est impossible de m’en empêcher. Oui, je l’ai fait pour briser la glace. Pour lui montrer qu’on l’appréciait. Pour lui faire comprendre qu’on comptait sur lui pour gagner. Pour qu’il saisisse que ce serait mieux s’il se montrait lui-même un peu plus chaleureux avec les autres.»

Résultat ? «Vlad a vite changé d’attitude. Il s’est mis à adorer mes câlins – non, je plaisante! Il a tout compris, et en a été enchanté. Il s’est intégré d’un coup à l’équipe. Il n’était plus question de l’échanger. Il a d’ailleurs joué plus de saisons au Canadiens que moi», a-t-il précisé.

Depuis, Dave Morissette, celui qui était réputé pour la puissance de sa droite, n’a de cesse de faire des câlins partout où il passe. Authentique! «Le bonheur, c’est contagieux. Il ne dépend que de nous de rendre les autres heureux, et d’ainsi nous rendre nous-mêmes heureux. Le jour où j’ai compris ça, je l’ai mis en pratique. Et mon truc à moi, c’est de faire des câlins. Rien de mieux, croyez-moi, que de démarrer la journée par un câlin. Ça fait du bien, c’est fou!», lance-t-il, radieux.

Vous me voyez venir, j’imagine. Avec mon fameux truc pratique pour résoudre toute sorte de problème au travail, un truc ultrasimple – une fois n’est pas coutume – directement inspiré d’un ex-joueur du Canadiens :

➢ Qui entend améliorer le bien-être de ses employés – et par la force des choses éviter que l’un d’eux en arrive à brasser des idées suicidaires – se doit d’instaurer une nouvelle routine matinale au bureau : les câlins. Au lieu de vous contenter d’un sempiternel et insipide «Salut gang!», mieux vaut prendre un collègue dans ses bras, franchement, et de savourer cette accolade. À l’image de ce qu’adore faire à présent Dave Morissette. «Regardez autour de vous, et vous trouverez forcément quelqu’un qui meure d’envie d’un beau câlin. Personne n’ose se l’avouer, mais nous adorons tous ça», affirme-t-il. L’idée est donc simple : tous les matins, faire un câlin au premier collègue que vous croisez ; bien entendu, les premières fois, il y aura un petit geste de recul, mais une fois la glace brisée, vous verrez que les câlins n’ont pas de prix. C’est garanti.

En passant, l’écrivain français Romain Gary a dit dans Gros-Câlins : «La tendresse a des secondes qui battent plus lentement que les autres».

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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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