Comment arrêter de déprimer au travail?

Publié le 12/03/2015 à 09:09

Comment arrêter de déprimer au travail?

Publié le 12/03/2015 à 09:09

> Une corrélation bien réelle. Il existe bel et bien une corrélation entre les occupations au travail et l’état dépressif des employés. C’est-à-dire que c’est en partie en raison de ce que les employés assument comme tâches quotidiennes au travail qu’ils finissent par déprimer.

> L’effet insoupçonné du contact direct avec la clientèle. La plupart des employés dépressifs avaient un point en commun, et un seul : ils se retrouvaient souvent dans une situation conflictuelle liée au travail. Plus précisément, ils devaient répondre sur une base régulière à des requêtes de personnes étrangères à l’équipe dans laquelle ils évoluaient, en particulier celles provenant de la clientèle de l’entreprise. À noter, de surcroît, que ceux qui en souffraient le plus étaient les employés masculins.

Impressionnant, n’est-ce pas ? Au travail, la dépression provient donc souvent du fait que nous avons de mauvais rapports avec ceux à qui nous voulons rendre service – la clientèle, les partenaires d’affaire, etc. –, mais qui, dans les faits, nous cassent les pieds à longueur de journée. Il nous faut jongler avec la mauvaise humeur passagère de l’un, la mauvaise foi d’un autre, ou même la mauvaise haleine d’un autre encore, et tout cela nous épuise, l’air de rien. Oui, cela nous mène droit à l’épuisement professionnel. À notre insu, tout comme à l’insu de ceux qui nous entourent.

Bon. Maintenant que nous savons cela, il ne tient qu’à nous de remédier au problème. Comment ça ? Pour ma part, je vois deux moyens assez simples (peut-être en voyez-vous d’autres, en ce cas, n’hésitez pas à me le faire savoir par l’entremise d’un ‘Commentaire’) :

➢ Soudez les liens de votre équipe. On vient de voir que le danger vient de la fréquence des rapports tendus, voire conflictuels, entre la personne concernée et les clients. Ces contacts-là sapent son bien-être au travail, et à force, son moral. D’où l’intérêt de compenser par d’autres liens, et – pourquoi pas ? – ceux existants déjà au sein de l’équipe. L’idée est simple : nouer des liens encore plus forts et plus riches entre chacun des membres de l’équipe. Car c’est de là que l’employé pourra tirer l’énergie nécessaire pour faire face aux conflits répétés qu’il a avec la clientèle. Prenons un cas concret, repéré d’ailleurs par les cinq chercheurs allemands, celui des infirmières : elles vivent un quotidien difficile, en raison du contact constant avec une clientèle malade, et donc ayant besoin d’une attention de tous les instants ; l’idéal pour éviter la dépression est, par suite, que chacune puisse avoir des périodes de temps positives et enrichissantes avec ses collègues.

➢ Prenez les femmes comme modèle. L’étude a mis au jour le fait que les femmes souffraient moins que les hommes des rapports tendus, voire conflictuels, avec la clientèle. Les cinq chercheurs allemands ont bien entendu cherché l’explication de ce phénomène. En consultant des études à ce sujet, ils ont noté qu’en général les femmes ont une qualité que les hommes n’ont pas : elles ont le chic pour esquiver les conflits, alors que les hommes ont plutôt le réflexe de foncer dans le tas lorsqu’ils pensent que le besoin s’en fait sentir. Du coup, elles évitent mieux les chocs, et donc les blessures à l’âme, que les hommes. L’étude indique même l’un de leurs trucs : elles hésitent moins que les hommes à partager leurs émotions dès lors que quelque chose de négatif vient de leur arriver, si bien que l’impact psychologique est atténué comparativement à un homme.

Voilà. Vous souhaitez moins déprimer au travail ? Ce n’est pas si sorcier que ça. Il vous suffit de vous rapprocher davantage de vos collègues. Et messieurs, d’exprimer davantage votre ‘côté féminin’ au travail !

En passant, le philosophe néerlandais Baruch Spinoza disait : «Si vous voulez que la vie vous sourie, apportez-lui d’abord votre bonne humeur».

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À propos de ce blogue

EN TÊTE est le blogue management d'Olivier Schmouker. Sa mission : aider chacun à s'épanouir dans son travail. Olivier Schmouker est chroniqueur pour le journal Les affaires, conférencier et auteur du bestseller «Le Cheval et l'Äne au bureau» (Éd. Transcontinental), qui montre comment combiner plaisir et performance au travail. Il a été le rédacteur en chef du magazine Premium, la référence au management au Québec.

Olivier Schmouker

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