Santé mentale: «J’étais la définition même de déséquilibre»

Publié le 28/04/2023 à 16:20

Santé mentale: «J’étais la définition même de déséquilibre»

Publié le 28/04/2023 à 16:20

«La morale de cette histoire est que nous seuls pouvons trouver l’équilibre juste pour nous.» (Photo: 123RF)

EXPERTE INVITÉE. Lors de la dernière édition de l’événement sur la santé mentale au travail de Les Affaires, l’équilibre est ressorti comme le besoin le plus en demande. Mais que pouvons-nous faire pour atteindre cet équilibre si recherché?

J’ai toujours fait partie de ces gens avec les meilleures évaluations de performance, jusqu’à mon premier arrêt de travail pour épuisement professionnel en 2012. L’annonce du diagnostic a été un choc total pour moi. J’adorais mon travail, j’adorais mon statut! J’adorais mon salaire, l’attention et les promotions. Je ne réalisais pas qu’en travaillant de longues heures et en négligeant de prendre soin de moi, j’empruntais sur mes ressources futures et que je nuisais considérablement au bon fonctionnement de mon véhicule le plus important, mon corps.

J’étais la définition même de déséquilibre. Pourtant je faisais du yoga, j’étais végétarienne et je méditais de temps en temps. Où pouvait bien être le problème?

J’essayais de trop en faire. J’essayais d’être parfaite dans toutes les sphères de ma vie. J’avais un bon réseau d’amis, un pour le sport extrême (vélo de montagne, ski alpin hors-piste, saut en parachute, etc.), un autre réseau pour mes activités bénévoles comme professeure de yoga auprès des femmes en rémission du cancer du sein et des détenus dans une prison haute sécurité. Je possédais une belle maison que je maintenais parfaitement propre… Enfin, vous voyez le genre. Est-ce que vous vous reconnaissez? Le perfectionniste est le pire ennemi de l’équilibre.

Alors que je recherchais la valorisation sociale, je dormais seulement 5 heures par nuit, je mangeais rapidement sur le pouce sans trop me soucier vraiment de la valeur nutritive des aliments, et je coupais facilement dans mon programme d’exercice (trop excessif aussi) pour travailler plus.

Après ce premier arrêt de travail, j’ai quitté mon employeur, ce qui est fréquent après un épuisement professionnel. Je suis partie à mon compte et j’ai dû vendre mon entreprise trois ans plus tard en raison d’un deuxième épuisement. Cette fois-ci, je ne pouvais aucunement blâmer mon employeur… J’étais le patron.

La morale de cette histoire est que nous seuls pouvons trouver l’équilibre juste pour nous. Apprendre à dire non est essentiel pour se respecter, pas seulement au travail, mais aussi à la maison, avec la famille et les amis.

L’équilibre n’est pas un état constant et permanent, mais une variable à poursuivre pour optimiser son mieux-être sur le long terme. Ainsi pour trouver l’équilibre, chacun doit faire son examen de conscience et identifier ses valeurs et ses priorités.

La chose la plus importante à valoriser devrait être la santé. Lorsque la santé précède l’argent, l’approbation, l’acceptation ou toutes autres motivations, les bons choix se font naturellement.

Lorsque l’on valorise la santé, on valorise la bonne alimentation, l’exercice, le repos, les bonnes relations, les vacances, et donc l’équilibre.

Évidemment, un employeur qui offre un environnement de travail non toxique peut aider. Mais si nous ne valorisons pas la santé et l’équilibre, peu importe ce que fera l’employeur, nous pourrions nous épuiser. À l’inverse, un bon équilibre permettra de quitter un employeur qui ne serait pas bon pour nous.

Il n’est pas toujours facile de prendre cette responsabilité pleinement. Mais il n’est jamais trop tard pour reprendre sa santé en main, trouver l’équilibre et réparer les dommages du passé.

Mon histoire et celles de nombreuses autres personnes le montrent bien. Il est certain qu’il vaut mieux prévenir que guérir, car j’ai eu besoin de dix longues années pour me remettre de mes 2,5 épuisements.

Je suis parfaitement en santé aujourd’hui, j’ai une belle entreprise grâce à laquelle j’accompagne les gens pour prendre soin d’eux, je donne des conférences et formations en entreprise sur la santé et le mieux-être. La santé est ma valeur prioritaire et l’équilibre, bien que constamment mis à défi, se trouve avec aisance grâce à un bon gouvernail.

À propos de ce blogue

Nancy Bilodeau est une gestionnaire qui possède plus de 25 ans d’expérience en transformation organisationnelle aux États-Unis et au Canada. Elle en est maintenant au lancement de sa deuxième entreprise en santé et en mieux-être. Elle est passionnée par les affaires, mais d’abord et avant tout par les humains qui propulsent les affaires ! Trop passionnée, elle a fait face à 2,5 épuisements professionnels et une myriade de problèmes de santé. Elle a dû tout abandonner à 40 ans — au sommet de sa carrière — pour apprendre à retrouver sa santé et sa vitalité. Cette croisée des chemins forcée l’a amené à rencontrer des gens extraordinaires et à suivre de nombreuses formations qui font maintenant partie de son coffre à outils. Certifiée de la SICPNL, elle est aussi coach en cohérence cardiaque, en santé holistique. Elle enseigne même la méditation, la pleine conscience et le yoga. Avec ce blogue, elle souhaite combiner son expérience d’affaires, son expérience de vie et toutes ses nouvelles connaissances et expériences dans le domaine de la santé physique et mentale pour supporter les gens d’affaires passionnés et les entreprises qui veulent prendre soin de leur monde. Son approche se focalisera sur la prévention et la correction. Comme le dicton le dit : mieux vaut prévenir que guérir !

Nancy Bilodeau
Sujets liés

Ressources humaines

Sur le même sujet

Christian Kengne: «L'avenir du numérique appartient aux jeunes»

Mis à jour à 11:00 | lesaffaires.com

GÉNÉRATION D'IMPACT. Voici les visages de la deuxième cohorte d’intrapreneurs.

GPT4 est-elle plus créative que le meilleur des créatifs?

16/04/2024 | Olivier Schmouker

MAUDITE JOB! «Je teste des IA et réalise qu'elles sont hyper performantes en matière de créativité. Ça m'inquiète...»

Blogues similaires

Le mot en «D»

Édition du 10 Avril 2024 | Marine Thomas

C’est un tabou dans le milieu des affaires. Le prononcer équivaut presque à dire un gros mot.

Qu’est-ce qui empêche les équipes de demander de l’aide?

Les familles en affaires doivent surmonter leurs biais concernant un accompagnement pour améliorer l’harmonie au travail

Les «machines pensantes» et Les Affaires

Quel message Les Affaires envoie-t-il en choisissant de faire confiance à l’IA pour produire en partie du contenu?