Apprendre à se connaître

Publié le 20/06/2022 à 15:30

Apprendre à se connaître

Publié le 20/06/2022 à 15:30

Profitons du 21 juin, pour entamer cette réconciliation ensemble en respectant le rythme de chacun. (Photo: Getty Images)

BLOGUE INVITÉ. En 1996, le gouverneur général, Roméo Leblanc a proclamé le 21 juin comme étant désormais la Journée nationale des peuples autochtones. C’est depuis 1982 que l’Assemblée des Premières Nations (anciennement la Fraternité des Indiens du Canada) demandait une journée de fraternité ou de reconnaissance. Bien que nous en sommes maintenant à la 26e édition, il reste encore beaucoup de sensibilisation à faire pour créer des occasions d’apprendre à se connaître .

Effectivement, cette journée a tendance à passer inaperçue. Il faut dire que ce n’est pas un jour férié et que pour le Québec, c’est à seulement trois jours de la Saint-Jean-Baptiste. Cependant, c’est avec fierté que je tiens à préciser, que depuis quelques années maintenant, le 21 juin est inscrit à nos calendriers. Finalement!

La Journée nationale des peuples autochtones est pourtant une occasion pour tout le monde de faire un rapprochement avec les différentes nations autochtones du Canada et ainsi apprendre à mieux nous connaître . Depuis un peu plus d’un an maintenant, la société civile internationale a de plus en plus conscience des horreurs vécues par les différents peuples autochtones du Canada et nous sentons la volonté de rapprochement et un réel désir de travailler ensemble, de se réconcilier.

Justement, la réconciliation, qui est la tendance du moment je vous l’accorde, est primordiale si nous voulons travailler ensemble afin de bâtir un avenir commun. Et, ce n’est pas un principe à prendre à la légère. La réconciliation c’est le pardon que nous devons faire de notre côté, mais c’est aussi la responsabilité qu’a la société civile d’apprendre à nous connaître , et ce, à notre rythme. Il faut comprendre que pour beaucoup d’entre nous, la crainte de subir de nouvelles blessures est réelle, surtout du fait que plusieurs ne sont pas encore guéries.  Malgré cela, l’ouverture est là et je nous invite fortement de part et d'autre à débuter un processus.

La réconciliation c’est aussi la réconciliation économique

En ce moment, il y a beaucoup d’approches et de sollicitations auprès des différents peuples autochtones pour que l’on puisse être des partenaires d’affaires. Ce qui est tout à fait à propos, car nous mettons beaucoup d’effort pour atteindre une autodétermination qui passe forcément passe par une autonomie financière. Alors, plusieurs nations sont au rendez-vous pour créer des collaborations et des partenariats d’affaires. Cependant, pour y arriver il faut apprendre à se connaître . Eh oui, encore apprendre à se connaître !

Je profite du moment pour vous transmettre quelques données économiques. Saviez-vous que le tourisme culturel autochtone est en plein essor?  Selon l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC), au cours des sept dernières années, l’offre touristique autochtone a connu une croissance sans précédent, ce qui a entraîné la création de nouveaux emplois et une augmentation de la contribution du secteur au PIB, passant de 1,4 milliard à près de 2 milliards de dollars. 

Avec la pandémie, ce secteur a été très touché, mais l’intérêt d’en apprendre plus sur l’histoire, la culture et le mode de vie des autochtones est au rendez-vous. C’est pourquoi l’ATAC prévoit qu’en 2022-2023, le secteur du tourisme autochtone contribuera avec 1,9 milliard de dollars au PIB du Canada par le maintien et la création de 40 000 emplois dans ce secteur.  

Le secteur touristique autochtone n’est qu’un exemple de ce que les différents peuples autochtones peuvent amener à l’économie canadienne. Les possibilités sont infinies pourvu qu’elles respectent notre façon différente de voir l’économie. Chacun des peuples autochtones et chacune des nations à l’intérieur même peuvent avoir leurs différences et leurs spécificités, mais on s’entend presque tous sur le fait qu’il faut protéger notre terre-mère (notre planète) pour au minimum les 7 prochaines générations. Nous voulons donc avoir une économie durable. En respectant ce principe, et avec une bienveillance, les partenariats entre les autochtones et allochtones sont tout à fait possibles.

Profitons du 21 juin, pour entamer cette réconciliation ensemble en respectant le rythme de chacun.

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Comme ce blogue se nomme Perspectives Autochtones, je veux m’assurer que nous ayons tous la même définition du mot Autochtone. Au Canada, les Peuples autochtones comprennent les Premières Nations, les Métis et les Inuits. Dans mon texte, je fais parfois référence aux Autochtones et parfois aux Premières Nations.

À propos de ce blogue

Manon Jeannotte est directrice de l’École des dirigeants des Premières Nations, propulsée par l’École des dirigeants HEC Montréal, dont elle est également co-initiatrice. Elle possède plus de 20 ans d’expérience professionnelle auprès des Premières Nations, tant sur les plans de la politique, de la gouvernance et de la défense des droits de ses pairs. Administratrice de sociétés certifiée et titulaire d’un EMBA, elle a été élue pendant 12 ans à titre de conseillère puis de cheffe au sein de sa communauté (la Nation Micmac de Gespeg). Elle a reçu la première bourse pour gestionnaire d’origine autochtone de l’EMBA McGill – HEC Montréal, une bourse du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et une distinction pour sa contribution à la commémoration de l’histoire des Premières Nations et des Inuit au Québec.

Manon Jeannotte

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