Derrière le mot boss


Édition du 26 Octobre 2022

Derrière le mot boss


Édition du 26 Octobre 2022

Que signifie être un bon gestionnaire dans votre organisation? (Photo: Hunters Race Unsplash)

EXPERTE INVITÉE. Un phénomène monte en flèche. Des gestionnaires, entreprises et employés rejettent le mot boss.

Derrière cette tendance se cache un défi auquel il faut s’attarder:humaniser la gestion. Collectivement, il y a un désir de rompre avec les anciennes philosophies de management qui considéraient peu ou pas l’humain derrière l’employé.

 

L’évolution en cours

Faites le test : demandez à votre équipe ce qu’est un bon gestionnaire. Vous constaterez un réel souhait d’être entendu, considéré et impliqué dans le succès de l’organisation. Peu importe son rôle, chacun est important dans cette réussite. C’est désormais le « nous » qui l’emporte. Le modèle de gestionnaire décideur ultime tend à disparaître pour laisser place à un autre qui favorise conjointement l’épanouissement des travailleurs et la réussite de l’entreprise.

S’attaquer à la question L’évolution en cours est bénéfique pour les employés, les gestionnaires, l’organisation et même pour l’économie. Un angle mort doit toutefois être abordé : bannir le mot boss ne n’humanisera pas la gestion. Régulièrement, des entreprises bannissent ce terme puisqu’elles y associent une connotation négative. Ce legs ne vient pas du terme lui-même ; il est le reflet d’un problème profond qui a marqué les esprits : l’abus managérial. C’est cet aspect qu’il faut aborder avec courage. Les conséquences des gestionnaires abusifs sont désastreuses pour les employés et les entreprises. Il faut revoir à qui nous octroyons ces postes, comment nous les formons et ce qu’ils feront de leur autorité. Celle-ci doit être saine et constructive. Jamais abusive.

Bannir un mot sans agir sur les abus n’est jamais une solution. Il est urgent de s’attarder à la question : que signifie être un bon gestionnaire dans votre organisation et que fait-il de différent?

 

Valoriser les modèles inspirants

Nous assistons à une perte de repères chez les gestionnaires qui ne se retrouvent plus dans le modèle des dernières années. Parallèlement, les nouveaux gestionnaires accèdent à ces postes de plus en plus tôt dans leur carrière. Plusieurs semblent désorientés. Chaque leader gagne à s’inspirer d’un modèle sain à partir duquel il peut se définir pour bien se développer.

Dans l’article The No.1 mployee Benefit That No One’s Talking About (que l’on peut traduire par L’avantage social numéro 1 dont personne ne parle), l’associé directeur de Gallup, Tom Nolan, écrit qu’une « qu’une personne sur dix possède un talent élevé pour la gestion. Ce 10 %, lorsqu’il se retrouve dans un rôle de gestion, a des habiletés naturellement élevées à mettre les bonnes personnes dans les bons rôles, à créer une culture dont les responsabilités sont claires et à engager les employés par une vision attirante ».

L’entreprise joue aussi son rôle dans la formation de bons gestionnaires. Elle doit se pencher par exemple sur les comportements à adopter en gestion, sur la culture à influencer et sur le type de leadership qui est valorisé. Pour avoir de bons gestionnaires, il faut les former adéquatement, créer un environnement sécurisant, clarifier les responsabilités et offrir du mentorat afin qu’ils adoptent une posture d’engagement.

 

Atteindre l’équilibre

Occuper une telle fonction est un privilège et une responsabilité, notamment celles de développer une équipe, de découvrir les forces de ses membres et de créer un environnement propice aux résultats. Pour cela, il faut aimer les gens et le management.

Le défi réel de ce poste consiste à trouver l’équilibre délicat entre l’humain et les affaires. Lorsqu’un gestionnaire y parvient, il est capable de tout avec son équipe.

Nous avons besoin de leaders capables de gérer de façon saine pour inspirer la relève et mener des entreprises au succès. Le point de départ est l’adoption et la valorisation d’une nouvelle humaine de gestion.

À propos de ce blogue

Jenny Ouellette est la présidente et cofondatrice de BonBoss, une entreprise spécialisée dans les innovations en management, en culture et en stratégies de recrutement. Diplômée de l’École des relations industrielles de l’Université de Montréal, elle développe diverses innovations pour aider les entreprises à «prospérer humainement». L’approche M.O.R.EMC ,le Culture Book© et le recrutement expérientielMC en sont des exemples. Jenny Ouellette cumule les distinctions depuis 2018: prix Nueva 2018 de Femmes Alpha et prix Leadership 2019 du Business Community 360. Depuis la fondation de sa seconde entreprise BonBoss, Jenny Ouellette agit comme conférencière et formatrice. Elle y partage les saines pratiques des gestions qui caractérisent ceux communément appelés: les bons boss. En 2019 et 2020, elle siège à la Table de dotation et gestion intégrée des talents de l’Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec. Elle est aussi membre du CA du Centre d’hébergement multiservice de Mirabel: un organisme qui a pour mission d’aider à soulager la pauvreté auprès des jeunes adultes en situation d’itinérance.

Jenny Ouellette
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