Profils atypiques: les zèbres, qui sont-ils vraiment?

Publié le 13/04/2021 à 07:00

Profils atypiques: les zèbres, qui sont-ils vraiment?

Publié le 13/04/2021 à 07:00

Elon Musk

Le PDG de Tesla, Elon Musk (Photo: Getty images)

BLOGUE INVITÉ. Le 2 mars dernier, j’écrivais mon premier billet de blogue dans Les Affaires sur les profils atypiques, «Les profils atypiques, un véritable potentiel d’innovation», qui aura été partagé à plusieurs centaines de reprises. Surpris de voir la réaction des atypiques, j’ai décidé de récidiver en vous parlant d’un profil plus spécifique: les zèbres!

La notion de «zèbre» a été proposée pour la première fois par la psychologue Jeanne Siaud Facchin, qui a vu en l’animal les traits saillants des personnes dites «surdouées ou à haut potentiel intellectuel». Le zèbre est un animal que l’on ne peut pas apprivoiser, dont les rayures lui permettent à la fois de se dissimuler et d’être reconnu. Représentant 2% de la population, c’est sous le terme les «licornes roses» qu’on les définit aux États-Unis, en référence aux start-up qui en raffolent.

Lorsqu’on pense à surdoué, on s’imagine rapidement le premier de la classe, un tantinet hautain qui se distingue par son vocabulaire emprunté au Petit Larousse. On fantasme sur de petits génies capables de résoudre une équation complexe en quelques secondes et on a vite fait l’amalgame avec le célèbre Rainman qui compte les allumettes à la vitesse de la lumière.

Mais la réalité est loin de ces clichés. Le zèbre «surdoué» n’est donc ni supérieur, ni réduit à un haut potentiel intellectuel. Et il n’a bien souvent aucune conscience de son caractère «doué». C’est un profil très complexe qui réunit trois caractéristiques majeures :

 

  • Un fort potentiel intellectuel: mesuré par le test de QI (+130), mais qui en réalité peut être reconnu sous d’autres formes d’intelligence que l’intelligence logico-mathématique;
  • Une très forte sensibilité ou hypersensibilité: c’est l’un des traits les plus reconnaissables chez les zèbres. Cela peut être positif, mais aussi complexe à gérer;
  • Une vitesse de traitement de l’information très rapide: selon une étude de Harvard, la vitesse de déplacement de l’information dans le cerveau d’un zèbre serait beaucoup plus rapide, soit jusqu’à 3,5 mètres par seconde, contre 2 mètres par seconde pour les «normaux».

Comme je le disais précédemment, nous devons clarifier une chose. Le zèbre n’est ni inférieur ni supérieur. Il n’est pas malade, il n’est pas victime, il n’est pas superhéros. Il est en marge par sa rapidité d’esprit, par sa capacité à associer des idées et par son esprit créatif. Oui, il y a de grands avantages lorsqu’on sait accepter (et reconnaître cette douance), mais aussi de profonds défis auxquels nous devons faire face. Jeanne Siaud Facchin a même écrit un livre sur les surdoués qualifiés «trop intelligents pour être heureux».

Les zèbres sont rapides. Ils sont disruptifs. Ils voient des erreurs que personne n’a vu. Du fait de leur extrême sensibilité, ils ont une perception très fine des non-dits, des enjeux humains. Ils ont une grande finesse. Ce sont des gens qui apprennent vite et qui ont une grande aisance dans la complexité. Ils sont également très endurants et peuvent parfois travailler jusqu’à l’épuisement. Parfois, c’est aussi le plaisir de faire fonctionner leurs capacités à plein régime qui les motive. Pensez par exemple à Elon Musk, qui est défini comme un exemple typique d’un surdoué et à qui on a souvent collé l’étiquette d’autiste dans le passé.

Du fait de leurs intuitions, ils pensent hors des sentiers battus, et c’est aussi ce qui en fait des visionnaires. C’est souvent eux qui ont les bonnes idées avant tout le monde et qui vont tirer la sonnette d’alarme ou donner la vraie bonne idée.

Du point de vue de la productivité globale, ils vont apporter une diversité au sein des équipes et les rendre par conséquent plus performantes. Quelques études ont su démontrer que les équipes les plus efficaces, en termes de résolution de problèmes, sont celles qui sont cognitivement les plus diverses. Une équipe de clones va toujours droit dans le mur parce que tout le monde pense de la même façon. Un conseil d’administration – de personnes qui ont le même âge, du même sexe et qui ont tous fait leur carrière entière dans la même entreprise – est clairement dommageable pour une entreprise.

 

Le zèbre ne sera pas confortable dans toutes les organisations

Vous souhaitez bénéficier des zèbres dans votre organisation? Assurez-vous de leur offrir les conditions gagnantes:

  • Une entreprise et une direction qui favorisent l’innovation, l’intrapeunariat, la prise d’initiatives et la bienveillance. Le management participatif et inclusif, collaboratif leur convient bien.
  • Une structure flexible dans son mode d’organisation. Exemple: télétravail, horaires libres ou encore le mode «Agile». Parfait pour l’après-pandémie!
  • Un modèle hiérarchique transversal, délégataire, dynamique, souple, un mode décisionnel rapide, réactif et direct (à bannir: la hiérarchie pyramidale, trop conformiste et psychorigide).
  • Une culture d’entreprise qui favorise la diversité, la prise de risques et qui est favorable au changement.
  • Une communication interne transparente, qui donne du sens. De la visibilité sur la stratégie de l’entreprise et qui implique les collaborateurs.
  • Une marque employeur cohérente, alignée sur les pratiques «culture» et «talent», car les hauts potentiels ont un attachement fort à la notion de justice.

Les zèbres peuvent se révéler une vraie force pour les entreprises, grâce à leurs capacités hors du commun: curiosité, innovation, haut niveau d’intégration, facilité d’apprentissage, beaucoup d’intuition, rapidité, vision globale d’une situation, capacité à anticiper, à se projeter, puissance de travail, etc.

 

Je vous propose 5 raisons d’embaucher un profil zèbre dans votre organisation, comme l'explique Mel Poinas dans ce texte:

  1. «Des capacités cognitives exceptionnelles: l’avantage des surdoués est qu’ils réfléchissent vite et bien!
  2. Des visionnaires: le zèbre sera généralement plus rapide pour déceler des tendances et des besoins. Elon Musk, Steve Jobs, Bill Gates sont tous des profils surdoués.
  3. Des innovateurs: le zèbre est définitivement un moteur d’innovation. Son besoin de tout comprendre, sa curiosité et son sens pratique le poussent à toujours vouloir faire mieux. Il remet tout en question et ne croit pas à l’ordre établi.
  4. Des créatifs et organisés: ce sont généralement deux qualités qui ne vont pas ensemble. En effet, les surdoués ont une pensée en arborescence. Une idée A génère une multitude de sous-idées, reliées d’une manière ou d’une autre les unes aux autres.
  5. Des engagés hors pair: Quand il est convaincu, il ne va pas hésiter à se jeter corps et âme dans son travail et sa mission. Il est un bourreau de travail s’il croit en ce qu’il fait.»

 

Maintenant que vous connaissez mieux les zèbres: croyez-vous en avoir dans votre équipe ou qui sait, découvrez-vous peut-être maintenant que ce profil vous correspond? Chose certaine, embaucher des profils atypiques aidera votre organisation à sortir du lot et à innover!

 

N’hésitez pas à partager l’article avec le #ProfilAtypiques et merci à Mel Poinas du super blogue Suivez le Zèbre pour l’inspiration.

À propos de ce blogue

L’innovation et l’entrepreneuriat sont deux sujets qui me touchent particulièrement. Depuis mon plus jeune âge, mon TDA/H m'a toujours donné l’impression d’être différent. Ce surplus d’énergie constant est devenu un véritable incubateur à idées. Je partagerai donc avec vous mes réflexions et des histoires inspirantes qui touchent l’innovation, mais aussi la santé mentale des entrepreneurs. Parfois provocant, je m’assurerai de vous sortir de votre zone de confort.

Dominic Gagnon

Sur le même sujet

Blogues similaires

Né pour un p’tit pain!

23/11/2021 | Nicolas Duvernois

BLOGUE INVITÉ. Pourquoi Catherine Fournier et Stéphane Boyer ont-ils promis de baisser leur salaire une fois élus?

Mourir peut attendre…

26/11/2021 | Anne Marcotte

BLOGUE INVITÉ. Des échecs en affaires peuvent mener à des tragédies. Voici un exemple touchant.

Des ponts entre la science et le savoir traditionnel

15/11/2021 | Mélanie Paul

BLOGUE INVITÉ. Il est important de créer des liens entre la science et le savoir traditionnel des autochtones.