Revenir au camp de base pour mieux retrouver le sommet

Publié le 18/11/2021 à 12:46

Revenir au camp de base pour mieux retrouver le sommet

Publié le 18/11/2021 à 12:46

Un homme devant une montagne

Arrêtez-vous, respirez, et prenez du recul! (Photo: Joshua Earle pour Unsplash)

BLOGUE INVITÉ. Diriger une organisation s’accompagne souvent, à tort malheureusement, d’une espèce de devoir d’invincibilité. Quelles que soient les circonstances, trop de haut(e)s dirigeant(e)s s’imposent, sans se donner de répit, l’obligation de toujours rester fort(e)s et inébranlables. C’est une très lourde commande qui n’a pourtant pas lieu d’être.

Il n’est en effet écrit nulle part que les leaders n’ont pas le droit d’être imparfait(e)s, vulnérables… humain(e)s. Ce n’est toutefois pas facile à accepter lorsqu’on est habitué(e) à mener et qu’on perçoit le doute, les remises en question, voire la perte temporaire de maîtrise de soi ou des affaires comme des faiblesses. Le hic, c’est qu’en pensant ainsi, une lente et insidieuse détresse risque de s’installer et d’engendrer des dommages bien plus sévères que d’avoir l’humilité, voire la bienveillance envers soi-même, d’avouer qu’on peut être dépassé(e) par les événements. Prétendre être infaillible – personne ne l’est – vaut-il vraiment le risque d’affecter sa santé mentale ou physique?

 

Ne vous brûlez pas à gravir les montagnes

Insidieusement, la pandémie avec laquelle nous composons a laissé des traces. Ajoutez-y les imprévus qui l’ont accompagnée (pénurie de main-d’œuvre, bris de chaîne de production, réorientations de carrière…) et il y a de quoi perturber bien des leaders. Plusieurs commencent d’ailleurs à fléchir du genou, à se sentir dépassé(e)s par la réalité et à se questionner sur la suite des choses. Après avoir sans cesse soutenu leurs équipes sans être elles-mêmes et eux-mêmes soutenu(e)s, nombre de leaders voient leurs fondations être ébranlées.

Il est normal de ressentir de la fatigue mentale ou physique, de découvrir de nouvelles facettes de soi ou d’en voir d’autres, ignorées ou tablettées, resurgir après une période éprouvante comme celle traversée depuis le printemps 2020. Et l’accepter est ce qu’il y a de mieux à faire, car ça conduit à se mettre temporairement sur pause et à revenir à la base pour se ressourcer.

En affaires, à la direction d’une organisation, chaque défi, occasion, tumulte, période de croissance ou de décroissance est une montagne à gravir qui entraîne une dépense d’énergie, souvent plus élevée qu’on ne l’imagine. Tôt ou tard, il faut refaire le plein. Aucun(e) alpiniste n’enchaîne les ascensions sans se reposer entre elles, ni planifier chacune d’elle, ni prendre le temps de bien se préparer au camp de base, ni faire le bilan de chaque réussite ou échec pour s’améliorer. Les plus expérimenté(e)s ont aussi toujours l’humilité de s’avouer vaincu(e)s par la montagne plutôt que de s’acharner et d’y laisser leur vie. Les perçoit-on comme des faibles pour autant? Pourquoi en serait-il autrement avec le leadership?

 

Les bienfaits d’un retour au camp de base

Toute ascension, fut-elle sous le signe du succès ou de l’échec, devrait être suivie d’un retour au camp de base, car le sommet de toute montagne est à sa façon la base d’une autre. Et un retour au camp de base est toujours profitable. Il permet de s’arrêter, de respirer, de prendre du recul, de réévaluer ses ambitions ou objectifs, de faire le point sur l’avenir, de se ravitailler, de voir où on est rendu(e), de déterminer où on veut aller.

Il faut faire confiance à ce processus naturel, que l’accompagnement professionnel nourrit, car il ouvre immanquablement des portes. Il aide à passer de la situation actuelle à la situation souhaitée… vraiment souhaitée! Être dans le flou n’est pas une mauvaise chose. Ça indique simplement qu’on est en transition vers du nouveau, vers une nouvelle ascension potentielle.

Vous voulez savoir si vous êtes mûr(e) pour un séjour au camp de base? Évaluer sur une échelle de 1 à 10 votre indice de bonheur. Plus il est près de zéro, plus un retour au camp de base vous sera bénéfique. Le cas échéant, voici quelques questions pour vous aider à bien y amorcer votre séjour.

 

Petit questionnaire de camp de base

 

  • Quelles sont mes trois plus grandes réalisations des 12 derniers mois?
  • De quoi ai-je tiré le plus de fierté cette année?
  • Dans quoi me suis-je dépassé(e)?
  • Quelles sont les personnes ayant fait une différence dans ma vie?
  • À quoi veux-je dire oui à partir d’aujourd’hui (nommez trois choses)?
  • À quoi veux-je dire non à partir d’aujourd’hui (nommez trois choses)?
  • Qu’est-ce que je souhaite pour l’avenir?
  • Qu’est-ce que je souhaite vraiment pour l’avenir?

 

 

Répondez-y franchement. Vous n’avez personne d’autre que vous à berner. Sur ce, bon séjour!

 

À propos de ce blogue

Dans ce blogue, Claudine Bergeron aborde les enjeux propres aux gestionnaires, une réalité dans laquelle elle est plongée quotidiennement. Sa longue expérience, sa vision lucide et son approche inspirante aideront les leaders d’aujourd’hui et de demain à mieux exploiter leur potentiel. Et cela, afin de créer dans leur entreprise un climat de travail équilibré où performance, rentabilité, bien-être et mobilisation du personnel sont en parfaite harmonie.

Claudine Bergeron

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