Être ou ne pas être coach: plus qu'une simple question

Publié le 03/06/2022 à 13:00

Être ou ne pas être coach: plus qu'une simple question

Publié le 03/06/2022 à 13:00

Être coach exige d’être alerte et en pleine possession de ses moyens afin de rester concentré sur l’échange avec la personne coachée. (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Il y a présentement un engouement pour le coaching. Conséquence ou non du confinement qui a conduit à plusieurs remises en question, bien des gens veulent aujourd’hui devenir coach en s’imaginant qu’il suffit d’avoir de l’empathie ou de l’expérience comme gestionnaire pour arriver à leurs fins. Ce n’est pas si simple. 

Au cours de ma carrière, j’ai vu de nombreuses personnes devenir coach, souvent avec une mauvaise idée de l’emploi, pour ensuite les voir abandonner après quelques mois. Tant qu’à choisir de se lancer dans l’accompagnement professionnel, aussi bien le faire de façon éclairée, non? Allons donc y voir de plus près!

 

Coaching, accompagnement, consultation, enseignement? 

Précisons-le d’emblée, le coaching, aussi appelé accompagnement professionnel, n’a rien à voir avec l’enseignement ni avec la consultation au sens de service conseil. Un ou une coach ne dit pas quoi faire ni comment faire, mais aide plutôt les personnes accompagnées à plonger au fond d’elles-mêmes pour trouver les clés qui leur ouvriront les portes leur permettant de se développer selon les objectifs qu’elles auront définis. 

Contrairement à la consultation qui commande un processus dirigé de planification, d’organisation et d’exécution fondé sur le savoir-faire du ou de la spécialiste consulté(e), le coaching engendre un processus aléatoire d’exploration, où la navigation se fait toujours à vue, souvent même dans le brouillard. Il faut savoir composer avec ça. 

Le déroulement d’une séance de coaching est rarement ou très peu planifié, car son succès exige une ouverture complète à l’état d’esprit de la personne coachée. Aussi structuré(e) puisse être un ou une coach, il lui est impossible de prévoir quelle avenue la personne coachée voudra prendre le jour J. Or, cette ouverture est indispensable pour suivre cette personne là où elle veut aller à ce moment-là. D’autant plus que les détours imprévus sont des passages libérateurs quasi incontournables pour aller plus loin. Un ou une coach doit donc toujours s’attendre à tout et avoir la souplesse pour saisir la balle au bond afin de bien servir la personne accompagnée.

 

Les principales qualités requises 

Qu’est-ce qui fait un(e) bon(ne) coach professionnel? À la base, il faut avant tout être animé(e) par la bienveillance, avoir une grande capacité d’écoute et être une personne curieuse, intéressée par les comportements humains et les mécanismes psychiques qui les influencent, notamment dans un contexte de gestion organisationnelle. 

Être coach exige d’être alerte et en pleine possession de ses moyens afin de rester concentré sur l’échange avec la personne coachée pour saisir tout élément en mesure de favoriser son cheminement. Il faut savoir poser les bonnes questions et faire les commentaires pertinents au moment opportun pour aider la personne coachée à revisiter ses façons de faire, à s’ouvrir à d’autres perspectives pour ainsi atteindre ses objectifs de développement ou autre. 

Il faut aussi savoir cultiver sainement la compassion, avec la réserve nécessaire pour maintenir intacts son objectivité et son état de neutralité, afin de mettre en confiance les personnes accompagnées pour qu’elles soient à l’aise de s’ouvrir. Peu importe les révélations qui lui sont faites, un ou une coach ne juge jamais sa clientèle — même lorsque ses propres valeurs sont bousculées — et a un devoir absolu de confidentialité quant à ses échanges avec elle. 

Coacher nécessite également beaucoup de patience, car ça prend parfois du temps avant que les choses ne décollent et il importe de ne rien presser. Je ne compte plus les fois où j’ai eu l’impression qu’il ne s’était rien passé dans une séance avec un(e) client(e) pour me faire dire au rendez-vous suivant par cette personne qu’elle avait trouvé ladite séance formidable. C’est dire! 

Vous voulez savoir si vous avez le germe du coaching en vous? Plutôt que de passer des messages à votre personnel, essayez dorénavant de lui poser des questions afin de l’amener à comprendre ce qui vous chicote, de le responsabiliser et de l’amener à générer lui-même le message que vous souhaitez lui transmettre. Si vous y arrivez assez naturellement, vous avez vraisemblablement le germe du coaching en vous. Si vous n’y parvenez pas, peut-être devriez-vous considérer une démarche de coaching? Question de savoir comment vous développer pour devenir coach! C’est bien sûr écrit avec mon plus beau clin d’œil.

À propos de ce blogue

Dans ce blogue, Claudine Bergeron aborde les enjeux propres aux gestionnaires, une réalité dans laquelle elle est plongée quotidiennement. Sa longue expérience, sa vision lucide et son approche inspirante aideront les leaders d’aujourd’hui et de demain à mieux exploiter leur potentiel. Et cela, afin de créer dans leur entreprise un climat de travail équilibré où performance, rentabilité, bien-être et mobilisation du personnel sont en parfaite harmonie.

Claudine Bergeron

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