Valeant, Salix, Axcan et le pouvoir du temps

Publié le 24/02/2015 à 08:19

Valeant, Salix, Axcan et le pouvoir du temps

Publié le 24/02/2015 à 08:19

Léon Gosselin, qui a dirigé de main de maître Axcan. Photo: Gilles Delisle.

En fin de semaine, la québécoise Valeant (Tor., VRX) a annoncé l’acquisition de Salix Pharmaceuticals avec une offre à 158$US l’action, totalisant 14,5 milliards de dollars (G$) US incluant la dette.

Pour Valeant, c’est une douce vengeance alors que le titre a explosé de 25$US lundi, un bond impressionnant de 14%. Je dis «impressionnant» parce que pas plus tard qu’il y a quelques mois, la société et son modèle d’entreprise ont été trainés dans la boue par les médias financiers. Valeant voulait prendre le contrôle d’Allergan de façon hostile et la direction de cette dernière a tout fait pour s’en sauver, incluant discréditer la façon de faire de Michael Pearson, le président de Valeant.

Bien des observateurs ont acheté les yeux fermés les affirmations d’Allergan. Cette dernière a finalement accepté une offre d’Actavis, Valeant se retirant la facture devenant trop élevée.

Il semble qu’on ait déjà oublié ce qu’on reprochait à Valeant, 100$US l’action plus tard!

Si on a oublié ce qui s’est passé il y a à peine six mois, imaginez il y a 12 ans. C’est ce que je me suis dit en lisant un vieux texte de mon collègue Yannick Clérouin, écrit en 2003 alors que ce dernier était journaliste financier et travaillait pour la section Investir du Journal que je dirigeais. Yannick est aujourd’hui directeur du contenu pour le site lesaffaires.com.

Dans son texte, il décrit les efforts et le contexte entourant la tentative d’Axcan Pharma pour acheter Salix, oui la même Salix que Valeant vient d’acquérir. Pour vous mettre au parfum, Axcan était une société pharmaceutique québécoise de grande qualité, dirigée par Léon Gosselin, un dirigeant de haut calibre. Je le croyais à l’époque et cela est encore plus vrai 12 ans plus tard, en raison du grand pouvoir décapant du temps.

Plus précisément, Yannick décrivait les hésitations des investisseurs et des financiers face à la tentative hostile d’Axcan. On trouvait ainsi que la société de Mont St-Hilaire payait trop cher pour une entreprise non rentable…

Ouais….L’offre d’Axcan pour Salix était de 203M$US, tandis que le titre de cette dernière se vendait à environ 10$US.

Et oui, 12 années plus tard, Salix se fait acheter pour 14G$US ou 158$US l’action, 15 fois plus! Non seulement cela, mais le titre de l’acheteur s’apprécie de 14% le jour de l’annonce, comme quoi Wall Street est loin de croire qu’il paie trop cher.

Si vous trouvez cela renversant, attendez. Évidemment, Axcan n’a pas réussi à acheter Salix. Et, le temps aidant, ce fut un point tournant corporatif de grande importance. La société pharmaceutique a été privatisée, M. Gosselin a pris sa retraite et ses activités québécoises ne sont plus l’ombre de ce qu’elles étaient.

En fait, Axcan est devenue Aptalis, achetée par Forest Laboratories, elle-même achetée l’an dernier par Actavis!

On peut juste admirer, 12 ans plus tard, la vision exceptionnelle de Léon Gosselin et rêver à ce qu’aurait pu faire Axcan si elle avait réussi son audacieuse acquisition….

Bernard Mooney

 

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