Une autre façon de voir le marché haussier

Publié le 08/04/2015 à 09:08

Une autre façon de voir le marché haussier

Publié le 08/04/2015 à 09:08

Photo: Shutterstock

Il s’en dit et s’en écrit des choses sur le marché haussier qui a commencé en mars 2009. Et plusieurs sont plus ou moins vraies et d’autres carrément fausses.

Je vois souvent mentionné, par exemple, qu’il faut se méfier de la Bourse parce que nous sommes dans une tendance haussière ininterrompue depuis plus de six ans maintenant. Voilà qui pourrait faire peur à bien des investisseurs, mais c’est tout simplement faux.

Lisez sur le sujet: Évitez d'essayer de prévoir la fin du marché haussier

On oublie, de façon aussi curieuse que généralisée, que l’indice S&P 500 a perdu plus de 20% de sa valeur en 2011. Je me demande d’ailleurs si un lecteur sur deux de mon blogue pourrait dire pourquoi le marché avait planté, il y a moins de quatre ans. Tout le monde a pratiquement oublié les événements perçus et médiatisés comme étant si traumatisants entourant la décote des obligations gouvernementales américaines par Standard & Poor’s et les chicanes politiques liées au relèvement du plafond de la dette des États-Unis…

On dit aussi que le marché a tellement grimpé….laissant entendre qu’il est sûrement surévalué et sur le point de tomber. Le S&P 500 a par exemple gagné environ 250% depuis son creux.

C’est vrai que cela semble «gros», n’est-ce pas?

Ouais, sauf que si vous calculez l’appréciation de cet indice en prenant comme point de départ son sommet cyclique d’octobre 2007, vous arrivez à un chiffre moins impressionnant. Le S&P 500 s’est apprécié de 50% depuis son sommet, ce qui est somme toute très modeste. Il s’agit d’à peine 6% par année!

Et si vous croyez que c’est une façon tordue de voir le marché haussier, je vous répondrai que c’est beaucoup plus près de la réalité vécue par l’ensemble des investisseurs. Car ces derniers étaient bien plus impliqués dans le marché en 2007 qu’au creux de 2009.

D’ailleurs, il y a des secteurs qui n’ont pratiquement rien fait, depuis le sommet de 2007. Les financières du S&P 500, exemple le plus extrême, ont une performance négative en huit ans (moins 21,3%, selon JP Morgan). Par contre, depuis le creux de 2009, ils ont explosé de plus de 329%.

Mais laissez-moi vous dire que les acheteurs de titres financiers en mars 2009 étaient assez rares, merci.

Le secteur de l’énergie s’est apprécié de seulement 13,6% depuis le sommet boursier de 2007, les titres de télécommunications de 24,4% et des matériaux de 34,8%. Rien de bien spectaculaire pour tous leurs actionnaires.

Quant à l’évaluation du S&P 500, on peut en débattre longtemps. Il se vend 16,9 fois ses bénéfices prévus pour les 12 prochains mois, selon JP Morgan, alors que sa moyenne depuis 15 ans est de 16,0. Sur la base des bénéfices des 12 derniers trimestres, l’indice est à 18,9 fois, contre 19,6 fois pour les 20 dernières années. Enfin, il offre un rendement en dividende de 1,9% contre une moyenne de 1,6% depuis 20 ans.

Avec des taux d’intérêt déprimés, beaucoup plus bas que la moyenne des 15 et 20 ans, le S&P 500 ne semble donc pas vraiment si surévalué.

Bernard Mooney

 

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