Les acquisitions sont vite récompensées

Publié le 09/12/2013 à 10:00

Les acquisitions sont vite récompensées

Publié le 09/12/2013 à 10:00

Ce matin, le géant distributeur de produits pour l’industrie alimentaire, Sysco Corporation a annoncé l’acquisition de la société à capital fermé U.S. Foods, pour un total de 8,2 milliards de dollars (G$US) incluant la dette assumée.

La transaction n’est pas une surprise en soi lorsqu’on sait que Sysco (concurrent à la québécoise Groupe Colabor) est en mal de croissance. La réaction de Wall Street, elle, surprend. Le titre explose de plus de 25% à plus de 43$US.

Évidemment, la direction promet des synergies et des gains de productivité atteignant au moins 600M$US. Toutefois, l’ampleur du gain en Bourse est élevée pour une société dont la valeur boursière dépasse 23G$US.

C’est un fait peu souligné depuis le début de ce marché haussier: la plupart des acquéreurs sont bien et rapidement récompensés lorsqu’ils annoncent des transactions.

Habituellement, dans les cycles précédents, lorsqu’une entreprise annonçait un important achat, son titre avait tendance à reculer en Bourse. D’une part, il y avait souvent une dilution à court terme des bénéfices en raison du prix payé et des frais de financement.

D’autre part, les investisseurs voulaient immédiatement tenir compte des risques accrus qu’implique une intégration.

Par ailleurs, lorsque la société achetée se négociait en Bourse, son titre s’appréciait en fonction de l’offre, ce qui est logique et demeure vrai.

De nos jours, les titres des sociétés qui achètent s’apprécient souvent presque autant que ceux des entreprises achetées, ce qui est curieux et surprenant.

Je vais vous donner un autre exemple. Le 16 octobre, Advance Auto Parts a annoncé l’achat de General Parts pour 2G$US, dans le secteur américain des pièces d’autos. Selon la direction, elle réalisera au moins 160M$US en synergies en trois ans.

Dès l’annonce, le titre d’Advance a pris 17% et se retrouve en progression de 25% depuis. C’est un gain de 1,4G$US dans sa valeur boursière.

Le pire, c’est que je ne pense pas que ce soit une réaction exagérée.

Car si vous me demandez comment expliquer ce genre de réaction, je vous dirai que le contexte pour les acquisitions est différent des cycles précédents. D’abord, la crise financière de 2008 a fait chuter les prix des entreprises. De plus, de pair avec ces prix plus raisonnables, vous avez des taux d’intérêt historiquement déprimés qui permettent de financer ces achats à des coûts alléchants.

Voilà qui change la donne.

Bernard Mooney

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