La relation différente entre les taux et la Bourse

Publié le 26/05/2010 à 16:03

La relation différente entre les taux et la Bourse

Publié le 26/05/2010 à 16:03

Blogue. Les vieux comme moi ont toujours perçu la relation entre les taux d’intérêt et la Bourse comme étant inversée. Ainsi, toute hausse des taux est mauvaise pour les marchés boursiers.

À l’inverse, lorsque les taux reculent, la valeur des sociétés en Bourse augmente. C’est ce que dit la théorie, du moins.

Or, depuis quelques années, cette relation n’est plus vraie. Du moins, elle semble changée.

John Paulsen, stratège de Wells Capital Management, a publié une intéressante étude à ce sujet. De 1968 à la fin des années 1990, le rendement des obligations a effectivement été inversement corrélé avec les cours boursiers (donc relation inverse). Par exemple, il calcule qu’entre 1968 et 1996, des taux en hausse de 1 % sur les obligations de 10 ans provoquaient un recul d’environ 3,5 % dans les cours boursiers.

« Depuis 1997 toutefois, la corrélation est devenue positive, ce qui signifie que des taux en hausse sont liés à des gains boursiers », écrit M. Paulsen. La hausse de 1 % des taux a provoqué une hausse de 5,4 % de la Bourse.

Selon lui, cela s’explique par la perception des investisseurs face aux risques potentiels de déflation et d’inflation. Lorsqu’ils craignent l’inflation, la corrélation entre taux et Bourse devient négative. Par contre, lorsque la crainte dominante est la déflation, c’est le contraire : des taux en hausse signifient que l’économie se porte mieux et que les forces déflationnistes diminuent.

Sans faire de débat académique, ce genre de changement est important parce qu’il nous apprend qu’il ne faut pas nécessairement voir les hausses de taux d’intérêt de la façon traditionnelle.

De plus, les récents événements en Europe, qui ont fait reculer encore une fois les taux un peu partout sur la planète, confirment qu’il est encore trop tôt pour s’inquiéter de l’inflation. C’est la déflation qui demeure la menace, du moins à court terme.

Bernard Mooney

 

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