Bombardier: de fleuron à désastre

Publié le 16/02/2015 à 09:27

Bombardier: de fleuron à désastre

Publié le 16/02/2015 à 09:27

Photo: Shutterstock

Il y a quelques années, à la fin d’une conférence, une personne m’a abordé en demandant ce que je pensais de Bombardier (Tor., BBD.B)

En fait, elle a commencé par me dire qu’elle avait un million d’actions de la société québécoise en portefeuille et qu’elle envisageait d’en acheter un autre million. Pour vous situer, c’était après la crise financière de 2008-09 et le titre se vendait entre 5$ et 6$.

Je lui ai répondu en lui demandant pourquoi elle me posait la question. Un investisseur qui a plusieurs millions de dollars investis dans une société et qui est sur le point de doubler son placement est déjà convaincu, n’est-ce pas? Il n’a pas besoin d’un avis indépendant.

Il m’a seulement précisé qu’il aimerait avoir mon «son de cloche».

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Je lui ai juste mentionné la vérité, à savoir que depuis 2002, Bombardier ne fait plus partie des sociétés qui méritent d’être suivies, selon mes critères, parce que j’ai perdu confiance dans sa direction. Si vous n’avez plus confiance dans les dirigeants, aucun chiffre, aucune donnée financière ne peut compenser.

J’ai beaucoup pensé à cet investisseur ces dernières semaines, après les derniers événements qui ont frappé Bombardier.

Je ne sais pas et je ne saurai probablement jamais s’il a doublé sa mise dans ce fleuron flétri. Peu importe, car il fait partie de ces nombreux investisseurs dont le cœur saigne (et le portefeuille aussi).

Car ce que vit Bombardier est pénible, autant pour l’entreprise, ses employés que ses actionnaires et toute l’économie québécoise.

En fait, c’est plus que cela et c’est ce qui manque dans la couverture médiatique de la déconfiture quasi biblique de Bombardier. Les gens et les investisseurs ne réalisent pas jusqu’à quel point sa performance est atroce depuis de nombreuses années. Je vous martelle souvent l’idée qu’il faut aborder le placement avec un horizon à long terme. Et que c’est ainsi qu’il faut évaluer les entreprises et leur performance.

Réalisez-vous que Bombardier a perdu environ 90% de sa valeur depuis 2002? Est-ce assez à long terme pour vous et assez épouvantablement mauvais?

C’est encore pire si vous considérez que son industrie depuis plusieurs années vit des années fastes, voire de gloire. C’est une chose d’avoir des problèmes dans un secteur en déclin ou qui vit de graves problèmes. C’en est une toute autre de s’effondrer pendant une période de prospérité. C’est ce qui arrive à Bombardier depuis plusieurs années.


« Le résultat, triste et désolant, est que Bombardier, jadis fleuron cité en exemple, lutte pour sa survie. »

La nomination d’un nouveau dirigeant sème un peu d’espoir et loin de moi la volonté de briser ce vent d’enthousiasme. Toutefois, la réalité c’est que ce n’est pas la première fois qu’on fait appel à du sang neuf, toujours salué avec optimisme, mais toujours aussi avec le même résultat décevant.

Les chances sont fortes pour que ce soit, malheureusement, trop peu, trop tard.

Bernard Mooney

 

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