Une reprise suivie d'une nouvelle phase baissière

Publié le 07/02/2009 à 00:00

Une reprise suivie d'une nouvelle phase baissière

Publié le 07/02/2009 à 00:00

Par Jean Gagnon

Un rebond boursier important surviendra plus vite que la majorité des portefeuillistes le pensent, selon deux financiers montréalais. Les investisseurs doivent cependant rester sur leurs gardes, car ils pourraient vivre une grande désillusion en seconde moitié d'année.

Nous vivons la phase de l'espoir qui devrait permettre aux marchés boursiers de s'apprécier pendant les trois ou quatre prochains mois, avance François Bourdon, chef des placements adjoint chez Fiera Capital. Elle succède à la phase de panique qui s'était emparée des investisseurs cet automne.

De l'espoir au désespoir

L'espoir est alimenté par les plans de sauvetage orchestrés par les gouvernements des principaux pays du monde. "Tout le monde veut croire que ça fonctionnera", souligne M. Bourdon.

Il insiste toutefois sur le fait qu'il ne s'agit pas d'une récession classique, mais d'un phénomène qui durera plus longtemps, car le système financier doit réduire le risque lié à l'endettement en vendant des éléments d'actif.

On réalisera qu'on a trop mis d'espoir dans les plans de relance, craint M. Bourdon. "Il s'ensuivra une phase de désespoir pendant laquelle les marchés chuteront et atteindront un niveau de déprime encore plus grand [que celui qui a mené la Bourse à son creux de novembre 2008]", dit-il.

C'est alors que les meilleures occasions d'achat se présenteront, estime M. Bourdon.

Entre-temps, la reprise pourrait être prononcée. "Une hausse de 30 à 40 % depuis le creux de novembre ne serait pas surprenant", dit-il.

Trois facteurs à surveiller

Vital Proulx, président d'Hexavest, croit lui aussi que les plans de sauvetage fonctionneront, mais pas à la hauteur des attentes. En découlera une grande désillusion en seconde moitié de l'année.

M. Proulx croit que les marchés boursiers pourraient remonter de 15 à 20 % au premier semestre.

Son analyse est basée sur trois éléments : l'état de l'économie, l'évaluation des marchés et la confiance des investisseurs. "Deux des trois éléments ont actuellement une incidence favorable sur les marchés, explique M. Proulx. L'économie est très faible, ce qui constitue bien sûr un facteur négatif. Mais l'évaluation boursière est très basse, ce qui est positif."

Quant à la confiance, il souligne que les investisseurs sont très pessimistes. Comme ce facteur répond à la théorie de l'opinion contraire, c'est-à-dire que les marchés réagissent à l'inverse de l'humeur des investisseurs, il constitue présentement un facteur positif.

"Mais dans six mois, l'économie sera encore faible, l'évaluation boursière ne sera plus bon marché, et la confiance sera revenue", dit-il. Les trois éléments seront donc tous défavorables aux marchés.

Le consensus des gestionnaires penche plutôt vers une reprise des marchés seulement au second semestre, lorsque les effets des plans de sauvetage se seront fait sentir, précise M. Proulx.

Premier semestre à la hausse

Pour sa part, Jeffrey Hirsch, éditeur de Stock Trader's Almanac Investor, prévoit que l'indice Dow Jones atteindra 10 500 points en juin.

"L'administration Obama et le gouvernement ont connu quelques difficultés en janvier, et les marchés se sont inquiétés", dit M. Hirsch. Mais il croit que la Bourse va se ressaisir grâce au plan de relance et au rachat des actifs toxiques des banques.

Un mois de janvier historique

Le mois de janvier n'a sûrement pas épargné les investisseurs. L'indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto a glissé de 3,2 %, alors que les principaux indices américains ont connu leur pire baisse pour un mois de janvier, soit une perte de plus de 8,5 %, tant pour l'indice Dow Jones que pour le S&P 500. Pour sa part, l'indice Nasdaq a reculé de 6,4 %.

jean.gagnon@transcontinental.ca

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