Une question de confiance

Publié le 14/02/2009 à 00:00

Une question de confiance

Publié le 14/02/2009 à 00:00

Par Jean Gagnon

L'évolution des Bourses à court terme dépendra du fait que les investisseurs croient ou non à la capacité des plans de relance économique et de sauvetage des banques de freiner la récession.

S'ils sont optimistes, l'indice S&P 500 montera rapidement jusqu'à 1000 points. À l'inverse, une perception négative pourrait vite entraîner l'indice de la Bourse de New York vers son creux du 20 novembre, soit 741 points.

C'est ce que prévoit Ismaël Chiadmi, gestionnaire chez Montrusco Bolton, au moment où les plans de relance américains tentent de se faire un chemin à travers les luttes politiques partisanes.

L'accueil des Bourses au plan de sauvetage du système financier de 1 000 milliards de dollars (G$ US) présenté le 10 février par Tim Geithner, secrétaire du département du Trésor, a été négatif : les principaux indices ont perdu 3 % en l'espace de 30 minutes.

L'annonce que ce plan est encore à l'état de gestation en serait la cause.

"Nous étudions plusieurs structures différentes pour ce programme et, à ce sujet, nous consulterons le milieu financier ainsi que le public", a dit M. Geithner.

Quant au plan de relance de l'économie, d'une valeur de 838 G$ US, il a été adopté par le Sénat le 10 février.

Le S&P 500 au centre de sa fourchette

À son niveau actuel d'environ 850 points, le S&P 500 est près du centre de sa fourchette de fluctuations des prochains mois, dont les bornes se situent à 750 et à 1000 points, explique M. Chiadmi.

Selon lui, cela démontre qu'il y a autant d'investisseurs qui croient que les politiques gouvernementales seront efficaces qu'il y a de sceptiques.

"Il est probable, que dans quelques jours, les plans de relance aient un effet positif sur la perception des investisseurs, car l'administration Obama semble prête à tout mettre en oeuvre dans l'espoir que quelque chose décolle", dit M. Chiadmi.

Opinion tranchante de Jim Rogers

Le plan de sauvetage bancaire est loin de faire l'unanimité dans le milieu financier.

Jim Rogers, figure légendaire du placement depuis sa participation à la création du fonds d'investissement Quantum avec George Soros, affirmait le 10 février sur les ondes de CNBC que le plan de sauvetage du système bancaire pourrait aggraver la situation plutôt que l'améliorer à cause de l'endettement qu'il causera.

Mais il pense surtout que le plan est voué à l'échec, car il a été conçu par les mêmes personnes qui ont été incapables de prévoir la crise et de mettre en place les mesures qui auraient pu la contrer.

Le risque est encore élevé

M. Chiadmi juge qu'une reprise boursière est le scénario le plus probable, mais il rappelle que le marché est actuellement deux fois plus risqué qu'en temps normal.

Malgré que près de trois mois se soient écoulés depuis le creux de novembre et que les indices aient regagné depuis entre 10 et 20 %, l'indice de volatilité VIX se situe toujours à plus de 40. C'est deux fois plus élevé que son niveau moyen, qui s'établit autour de 20. Cet indice calculé à partir des primes payées sur les options du S&P 500 mesure la confiance des investisseurs. Plus il est élevé, plus les investisseurs sont craintifs.

De plus, la confiance des investisseurs mesurée par l'American Association of Institutional Investors, qui constitue un intéressant indicateur technique, penche en faveur d'une reprise boursière. En effet, cet indicateur révèle un niveau de pessimisme élevé, soit 44 %, comparativement à un niveau moyen de 29 %.

Selon la théorie de l'opinion contraire, les marchés se comportent généralement bien lorsque le pessimisme est très élevé, car cela indique que la majorité des investisseurs ont déjà vendu tous les titres dont ils ne veulent plus. Il y a donc moins de risque de ventes massives d'actions qui pousseraient les cours plus bas.

jean.gagnon@transcontinental.ca

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