" Si l'occasion se présente, A. Lassonde fera des acquisitions aux États-Unis "

Publié le 01/11/2008 à 00:00

" Si l'occasion se présente, A. Lassonde fera des acquisitions aux États-Unis "

Publié le 01/11/2008 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

Journal Les Affaires - En Bourse depuis 21 ans, les Industries Lassonde affichent une valeur boursière de 240 millions de dollars et des ventes de 400 millions. Où voyez-vous Lassonde dans cinq ans ?

Jean Gattuso - Nous allons continuer à renforcer notre position de chef de file dans le marché canadien des épiceries et des services alimentaires, où nos marques de jus nous placent au premier rang. Aux États-Unis, nous cherchons à identifier des exploitants de marques de commerce de jus régionales fortes, dans lesquelles nous pourrions insuffler de l'innovation et implanter nos meilleures pratiques.

C'est ce que nous avons fait avec Graves dans les Maritimes, Everfresh en Ontario, et que nous comptons le faire avec McCain-Old South dans l'Ouest canadien.

Nous sommes des entrepreneurs. Si l'occasion se présente d'acheter quelque chose aux États-Unis, nous irons de l'avant, en respectant nos moyens financiers. Il y aura certainement des occasions stratégiques. Nous sommes patients.

JLA - Une récession pourrait toucher le Canada. Comment Industries Lassonde entend-elle l'affronter ?

J.G. - Heureusement, le secteur alimentaire est un segment un peu " Teflon " de la consommation. Les consommateurs coupent dans l'achat de biens durables bien avant de couper dans leur alimentation de tous les jours.

En période difficile, les consommateurs ont également l'habitude de manger plus souvent à la maison et, quand ils mangent à l'extérieur, ils optent davantage pour la restauration rapide.

Ces deux tendances devraient soutenir nos ventes en période de ralentissement économique.

JLA - Les prix de plusieurs matières premières plongent, dont celui du carburant, ce qui devrait réduire vos coûts. Par contre, le huard chute, ce qui augmente le coût de vos achats de denrées en dollars américains. Comment vous adaptez-vous à cette grande volatilité ?

J.G. - C'est sûr qu'on revoit nos pratiques d'achat. C'est une période intense de négociations avec tous nos fournisseurs. Toutefois, on a toujours réussi à gérer ce genre de situation en adaptant notre production et notre mise en marché.

Notre succès repose d'ailleurs sur notre approche multiprocédé, multimarque et multi-emballage. Cela nous donne la flexibilité de modifier notre production et notre mise en marché pour offrir aux consommateurs des jus aux prix qu'ils sont disposés à payer.

Par exemple, notre jus de pommes se vend en cinq formats différents. Nous pouvons aussi ajuster les prix de nos différents mélanges de jus en fonction des coûts d'achat de ces jus pour nous.

Notre capacité à effectuer des changements de production rapidement et nos produits et emballages distinctifs nous permettent de demeurer compétitifs.

JLA - Quel était le principal intérêt de l'achat des éléments d'actif de production des jus et des boissons prêts-à-boire de McCain Foods, à Calgary, en 2007 ?

J.G. - On fabrique des produits lourds à transporter qui sont vendus à un prix unitaire peu élevé.

Il était crucial d'avoir une usine sur place pour rentabiliser nos ventes en Alberta, au Manitoba, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique. L'usine nous permet aussi de profiter de la croissance de la population dans l'Ouest, où s'installent beaucoup de jeunes familles susceptibles d'augmenter leur consommation de jus.

Petit à petit, on pourra y fabriquer nos propres marques et des marques maison pour les épiciers de ces marchés, et y introduire nos contenants novateurs.

JLA - Quel type de croissance peut-on attendre de Lassonde ?

J.G. - Notre priorité est de bien intégrer McCain, de la faire croître et d'y instaurer notre façon de faire les choses.

Sur le plan de la croissance, nous essaierons de maintenir le rythme des cinq dernières années : une croissance annuelle composée de 11,8 % des ventes et de 16 % du bénéfice par action.

JLA - Quel est l'avantage pour Industries Lassonde d'ajouter d'autres produits, tels que les bouillons à fondue, les vins et l'huile d'olive, à ses jus ?

J.G. - Notre variété de produits de qualité nous différencie de nos concurrents auprès des épiciers et du consommateur. On devient un guichet unique pour de nombreux besoins alimentaires.

Compter sur un plus large éventail de produits optimise aussi l'utilisation de notre réseau de distribution, puisque tous nos produits sont livrés aux mêmes épiciers. La variété de nos produits et les marques maison que nous produisons pour les épiciers maximisent aussi l'utilisation de notre capacité de production.

JLA - Les épiciers canadiens se livrent une concurrence plus féroce pour protéger leurs parts de marché face aux nouveaux hypermarchés Wal-Mart. Comment cette guerre vous touche-t-elle ?

J.G. - Wal-Mart est un de nos clients, et on doit répondre aux besoins de tous nos clients de façon équitable. C'est évident qu'il y a de la pression sur les prix dans le secteur des épiceries, mais nous devons aussi préserver nos marges. On y arrive en aidant les épiciers à vendre de plus grands volumes et à obtenir des marges intéressantes en modifiant l'offre de produits et de prix que nous leur proposons.

JLA - Comme pour toute entreprise familiale, la question de la succession se pose. Vous vous décrivez comme un acquéreur dans votre industrie, mais Industries Lassonde pourrait-elle aussi être vendue dans le mouvement de consolidation du secteur alimentaire canadien ?

J.G. - Je ne peux pas parler au nom de Jean-Paul Lassonde [âgé de 65 ans], actionnaire majoritaire et petit-fils du fondateur de la société.

Toutefois, quand on lui pose cette question, il répond souvent qu'il souhaite que la direction de l'entreprise passe aux mains de la quatrième génération.

Sa fille Nathalie, 33 ans, est directrice, personnes et valeurs, des Industries Lassonde. Elle siège aussi au conseil d'administration.

Son frère, David, 27 ans, est directeur de la santé et sécurité au travail analyste opérationnel chez Mondiv, une division de Spécialités Lassonde, qui produit les sauces pour pâtes, bruschettas et tapenades de marque Antico, que Lassonde a achetée l'an dernier.

Le benjamin, Pierre-Olivier, âgé de 25 ans, travaille dans les vergers de Rougemont.

Le bon côté d'une entreprise familiale est la vision à long terme de ses propriétaires.

Jean Gattuso, président et chef de la direction de A. Lassonde inc., filiale des Industries Lassonde, était conférencier du Rendez-vous financier Les Affaires qui a eu lieu le 21 octobre, à Montréal.

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