Une certification pour valoriser le vin de glace

Publié le 21/02/2009 à 00:00

Une certification pour valoriser le vin de glace

Publié le 21/02/2009 à 00:00

Par Alain Duhamel

À l'instar des cidriculteurs québécois, qui ont acquis une notoriété mondiale grâce au cidre de glace, les viniculteurs comptent sur le vin de glace pour percer les marchés internationaux.

"Notre vin de glace, c'est le pur-sang de la viniculture québécoise. C'est lui qui nous fera connaître dans le monde", dit Charles-Henri de Coussergues, copropriétaire du vignoble de L'Orpailleur, à Dunham, et président de l'Association des vignerons du Québec.

Pour protéger ce joyau, l'Association adoptera au printemps la première certification de qualité des vins québécois, qui s'appliquera à la récolte 2009, qui sera commercialisée en 2010.

L'entreprise est risquée, mais M. de Coussergues la croit nécessaire à la crédibilité et à la notoriété de sa jeune industrie - 15 ans à peine.

La certification, avec cahier des charges et système de traçabilité, attestera des bonnes pratiques culturales et de la qualité des procédés de fabrication. Par exemple, la définition du vin de glace sera stricte : le raisin devra avoir refroidi et gelé sur la vigne et non dans un congélateur. "D'autres méthodes donnent de bons produits, mais ces derniers ne devraient pas s'appeler vins de glace."

Une jeune industrie

Quasi inexistant à la fin des années 1970, le domaine vinicole québécois s'étend aujourd'hui sur 500 hectares et produit entre 1,2 et 1,5 million de bouteilles de vin. Sur les 245 produits que compte la carte des vins québécois, 16 seulement sont des vins de glace, issus de 7 % des superficies cultivées. Un pourcentage qui augmente chaque année.

Première région vinicole du Canada, l'Ontario a fait sa renommée dans l'univers des vins en s'installant dans le créneau des vins de glace. En 2007, quelque 60 vignobles ontariens ont produit 1,2 million de litres de vin de glace. Leur exportation, dirigée surtout vers les États-Unis, la Corée et le Japon, a généré près de 20 millions de dollars de revenus.

Avec une douzaine d'exploitations produisant du vin de glace, les vignerons québécois n'ont pas l'ambition d'en faire autant. Mais ils comptent doubler, d'ici cinq ans, leur production annuelle d'environ 60 000 bouteilles.

Pour se démarquer, les viniculteurs d'ici misent, entre autres, sur leur allié le plus sûr : l'hiver québécois, qui leur apporte tout le froid dont ils ont besoin, sans congélateurs. Les cycles de gel-dégel de la fin de novembre et les périodes de froid de décembre transforment à merveille les raisins dont on extrait un jus typé, liquoreux et savoureux.

Pas d'appellation contrôlée

Au-delà du système de certification, l'association ne prévoit pas instaurer d'appellations réservées ou contrôlées, qui nécessiteraient de pouvoir distinguer les terroirs. "Il faudrait démontrer que le vin des Cantons de l'Est est bien différent de celui des Laurentides, compte tenu de la qualité des sols de chacune de ces régions, dit M. de Coussergues. Notre production est encore trop jeune et nous n'avons pas assez de recul pour nous engager dans cette voie."

alain.duhamel@transcontinental.ca

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