Une affaire de coeur

Publié le 12/05/2012 à 00:00

Une affaire de coeur

Publié le 12/05/2012 à 00:00

Un gymnase en cadeau pour la santé des employés, c'est ce que Jean-Robert Leclerc vient d'offrir à son équipe de l'usine de Biscuits Leclerc à Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec.

Et ce n'est pas tout : son centre d'activité physique comprend également une salle de squash, une salle de musculation, une salle pour les exercices cardio et les services d'une kinésiologue à temps plein.

«C'est le centre d'activité physique en entreprise le plus complet du Québec», remarque Pierre Audet, président d'Olympe, qui a conçu ce centre et une centaine d'autres en milieu de travail dans la province.

«Tant qu'à le faire, je voulais avoir le meilleur, sourit M. Leclerc, président du conseil d'administration. C'est comme pour les produits, ce n'est jamais assez bien, il faut toujours aller plus loin. J'espère influencer d'autres entrepreneurs.»

Ce qui risque d'arriver, puisque chaque semaine depuis l'ouverture en décembre, il reçoit des demandes de visite de la part de grandes entreprises soucieuses de contribuer à la santé au travail.

Joindre le geste à la parole

Au départ, le conseil d'administration n'était pas convaincu des idées de grandeur de son président. Car l'investissement représentait de deux à trois millions de dollars dans le nouveau bâtiment du Laboratoire de santé et de mieux-être (un investissement total de 7 M$). Le laboratoire abrite aussi un centre de recherche en alimentation, où les scientifiques ont pour mandat à long terme de concevoir des biscuits qui guériront des maladies.

«On travaille de plus en plus pour concevoir des produits santé [Vital et Praeventia]. Sports et santé vont ensemble. C'est beau de prêcher la santé, mais à la parole, il faut ajouter les gestes», estime M. Leclerc.

Les sceptiques ont été confondus, puisque près de la moitié des 450 employés font maintenant du sport ; cela dépasse les attentes.

Le centre d'activité physique est aussi mis à la disposition des conjoints et des enfants du personnel, et tout y est gratuit, même les programmes d'entraînement personnalisés.

«C'est très rare que ce soit gratuit en entreprise. Habituellement, les dirigeants demandent une petite contribution pour au moins payer les services professionnels», souligne Pierre Audet.

Ancien joueur de hockey, de balle molle et de badminton, Jean-Robert Leclerc, aujourd'hui âgé de 75 ans, tenait à voir ses employés jouer en équipe.

«C'est pour ça que je voulais un gymnase. Les poids, on peut aller en faire ailleurs. Mais jouer en équipe, c'est important, car une communication se crée entre les gens. Ils peuvent échanger sur tout dans une atmosphère de jeu.»

Jamais auparavant le président d'Olympe n'avait conçu un centre d'activité physique sans avoir à préciser le rendement de l'investissement pour convaincre un entrepreneur des bienfaits du sport sur l'absentéisme et la fidélisation de la main-d'oeuvre. M. Leclerc, même s'il reconnaît que son geste est positif pour l'image d'entreprise, n'a jamais compté sur un retour, car son geste est d'abord un don.

«Je veux démontrer qu'il n'existe pas seulement des patrons qui tirent avantage des employés. Il y en a qui redonnent. Il faut aimer les gens avec qui on travaille. Je les aime et ils me le rendent bien. Je veux leur donner du bonheur. Je fais ce que je peux et, parfois, un peu plus. Eux aussi d'ailleurs. C'est communicatif.»

Générosité contagieuse

Jean-Robert Leclerc a toujours été discret face à la générosité. S'il la montre aujourd'hui, c'est par désir de contagion. Son dévouement déborde largement du cadre patron-employé, car M. Leclerc soutient plusieurs organismes de charité au Québec et, depuis une dizaine d'années, il envoie dans les pays pauvres ses biscuits de l'amitié, conçus pour combler les carences alimentaires. L'an passé, Biscuits Leclerc en a donné près de 4 millions de kilos aux populations de 18 pays, du Nicaragua à la Tanzanie. Prochainement, M. Leclerc veut mettre en marché au Québec les biscuits de l'amitié. Pour chaque boîte qu'un client achètera, il en donnera une de plus aux pays pauvres.

«Donner n'appauvrit pas, ça rend heureux. Quand on a mangé trois fois par jour, on n'a pas besoin de plus et on peut en donner aux autres.»

Profil

Nom : Groupe Biscuits Leclerc

Employés : 650, dont 450 à Saint-Augustin-de-Desmaures

Chiffre d'affaires : 300 M

Le tiers de la production est exporté dans 26 pays. En plus de ses produits, Leclerc fabrique les biscuits pour les marques maison de grandes sociétés comme Loblaws, IGA, Metro et Target.

Pour Noël, les employés de Biscuits Leclerc ont reçu en cadeau un sac contenant des vêtements de sport. Plus d'excuse pour rester inactif !

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