Un début d'ouverture dans la Capitale

Publié le 28/04/2012 à 00:00

Un début d'ouverture dans la Capitale

Publié le 28/04/2012 à 00:00

Québec a longtemps traîné la réputation d'être fermée aux autres cultures. Aujourd'hui, des employeurs se tournent vers l'immigration pour pourvoir les postes disponibles, tandis que la Ville et les organismes économiques font la promotion du multiculturalisme.

Cette année, pour la première fois, la Table régionale de concertation en immigration de la Capitale-Nationale décidait de promouvoir l'apport positif de l'immigration dans la région. En mars, la campagne «Du monde à connaître» s'est déployée en entreprise, dans les écoles et sur le Web. La Table regroupe une trentaine de partenaires, dont la Ville de Québec, Québec International, l'Université Laval et Desjardins.

«Il y a encore beaucoup de discrimination à l'égard des Noirs et des arabo-musulmans, mais on remarque une petite ouverture depuis cinq ou six ans à l'égard d'une partie des immigrants», note Babakar-Pierre Touré, directeur du Service d'orientation et d'intégration des immigrants au travail.

Deuxième pôle d'immigration

Depuis 10 ans, Québec a retenu 16 000 des immigrants accueillis, principalement issus de pays francophones. Le taux de rétention est de 85 %, légèrement supérieur à la moyenne provinciale de 82 %. Québec est devenue le deuxième pôle d'immigration derrière Montréal et sa région (dont Laval et la Montérégie), position autrefois occupée par Gatineau.

Dans un marché de plein emploi depuis six ans, les besoins de main-d'oeuvre deviennent si criants dans certains secteurs, comme les TI et l'usinage, que les entreprises recrutent même à l'étranger. L'an dernier, 45 d'entre elles ont participé aux trois missions de Québec International. Elles ont embauché 252 employés, ce qui a permis à la région d'accueillir environ 600 arrivants.

«On offre des occasions de carrière intéressantes. Le salaire moyen des emplois offerts en mission est de 61 000 $ par année. Et puis, on a la sécurité, les grands espaces, la qualité de vie : tout ce qu'il faut pour proposer une belle vie aux aspirants», souligne Line Lagacé, présidente de la Table et vice-présidente, soutien à la croissance des entreprises chez Québec International.

Les talents avant les coutumes

Le spécialiste de l'informatique Nurun, qui compte 20 % d'immigrants parmi ses 315 employés de Québec, participera à sa deuxième mission de recrutement en juin à Paris et à Bruxelles, afin de pourvoir une quinzaine d'emplois. L'entreprise compte aussi sur le SOIIT pour lui trouver à Montréal des talents parmi les immigrants déjà reçus.

«Il faut apprendre à vivre avec la diversité mais il y a encore de l'éducation à faire», remarque Nadia Côté, conseillère senior en ressources humaines.

Elle constate toutefois que les gestionnaires, tant dans l'entreprise que chez les clients, trouvent des manières de s'adapter les uns aux autres. Par exemple, plutôt que de voir partir à la mosquée les employés musulmans qui désirent prier, on met des locaux à leur disposition.

Selon Mme Côté, pour que l'accueil d'employés immigrants réussisse, il faut que l'entreprise soit prête à s'investir, tant pour faire la connaissance des autres cultures que pour faire connaître la sienne.

«Il faut de la patience, renchérit le directeur des ressources humaines, Serge Robitaille. Les petites difficultés nous ont paru importantes, mais sont devenues anodines avec le temps et l'expérience. On apprend et on n'hésite pas à demander de l'aide au besoin. Le SOIIT sert de médiateur à l'occasion, et ses formations sur la gestion de la diversité sont utiles.»

Au final, il n'y a pas plus de difficultés qu'avec les Québécois «pure laine», dit-il. Ce sont simplement des difficultés différentes.

La région attire 4,4 % de l'immigration de la province, comparativement à 3,5 % il y a quatre ans.

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