Pas forcément une catastrophe dans l'Est du Québec

Publié le 26/01/2013 à 00:00

Pas forcément une catastrophe dans l'Est du Québec

Publié le 26/01/2013 à 00:00

Plusieurs crient à la catastrophe dans l'Est du Québec à la suite de l'entrée en vigueur des nouveaux règlements de l'assurance-emploi. Pas Jean Dubé, professeur d'économie régionale de l'Université du Québec à Rimouski.

D'abord, il souligne qu'il faudra deux ou trois ans pour mesurer l'impact réel d'une mesure qui obligera les prestataires réguliers, donc surtout les travailleurs saisonniers, à accepter un emploi, même moins payant, jusqu'à 100 kilomètres de leur domicile.

«Les analyses politiques ont toujours des faiblesses. Pensez aux garderies subventionnées [dont on a sous-estimé la popularité]», donne-t-il en exemple.

Il ajoute que, même si cette réforme du gouvernement de Stephen Harper semble contraignante, elle pourrait ne pas ramener les chômeurs sur le marché de l'emploi, comme espéré. «Le travailleur qui ne veut pas être choisi pour occuper un poste à 50 kilomètres de chez lui conserve un pouvoir sur l'entrevue d'embauche», fait-il ressortir. En d'autres mots, on peut bousiller son entrevue pour rester au chômage.

De même, il paraît peu plausible que le nombre de prestataires de l'aide sociale augmentera significativement, car, pour y avoir droit, il faut avoir liquidé presque tous ses actifs. Les pêcheurs propriétaires, par exemple, n'auraient aucun intérêt à formuler une demande, dit M. Dubé.

Un danger pour les villages

Cependant, les travailleurs inquiétés ou embêtés par les nouvelles contraintes de l'assurance-emploi, qui obligent aussi à faire davantage de démarches, pourraient être tentés de se joindre à des agglomérations plus importantes, où ils trouveront plus facilement un emploi d'été et un emploi d'hiver ou simplement un emploi à l'année.

«Le danger n'est pas que la Gaspésie ou le Bas-Saint-Laurent se vide ; les gens pourraient se déplacer vers Matane, Gaspé ou Rimouski. Mais comment les petits villages vont-ils s'en sortir ? Personne ne semble voir ça, mais c'est là où je pense que ça ira le plus mal», craint Jean Dubé, pour qui les nouvelles règles de l'assurance-emploi risquent d'amplifier une tendance lourde à délaisser les petits villages, qui peinent de plus en plus à offrir des services publics de qualité.

Un retour en force du travail au noir ?

D'autre part, M. Dubé estime qu'il faut envisager le travail au noir parmi les effets pervers possibles de la réforme de l'assurance-emploi.

«Il risque d'augmenter. Si les gens doivent accepter un emploi moins bien rémunéré et assumer des dépenses de déplacement élevées à cause d'un emploi à 90 kilomètres de leur domicile, ils peuvent décider de laisser tomber les prestations et de se trouver un job au noir. Je ne suis pas sûr que ce soit payant pour la société.»

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