«Les syndicats ont encore du pouvoir, mais il est moins grand qu'avant» - Guy Tremblay, avocat spécialisé dans les relations de travail

Publié le 14/01/2012 à 00:00

«Les syndicats ont encore du pouvoir, mais il est moins grand qu'avant» - Guy Tremblay, avocat spécialisé dans les relations de travail

Publié le 14/01/2012 à 00:00

Des fermetures de machines chez Produits forestiers Résolu (Kénogami, Clermont), une fermeture temporaire et un conflit sur les fonds de pension à la papetière Papiers White Birch à Québec et un lockout chez Rio Tinto Alcan à Alma : l'année 2012 démarre du mauvais pied. Qu'est-ce que ça traduit ?

On vit la mondialisation depuis une quinzaine d'années et ces débats n'arrêteront pas. Les entreprises se battent pour fonctionner de la façon la plus économique possible, et les problèmes se posent avec plus d'acuité dans les secteurs en difficulté, comme les pâtes et papiers et le bois d'oeuvre. Donc, il y aura encore des réorganisations ces prochaines années. Cela dit, au Québec, il y a moins de conflits de travail [62 par an, de 2006 à 2010, par rapport à 119, de 2000 à 2005, et à 343, de 1976 à 1980], car les syndicats aussi se battent pour préserver les entreprises et les emplois.

Les syndicats ont-ils encore un vrai pouvoir de négociation dans la nouvelle économie mondiale ?

Ils en ont toujours un, car ils ont un pouvoir de grève. Mais il est moins grand qu'avant. Les entreprises ont les moyens d'aller ailleurs si ça ne fait pas l'affaire ici. Les syndicats s'en rendent compte et c'est pour ça qu'il y a de moins en moins de conflits. Les syndicats sont davantage portés vers les solutions, comme les entreprises d'ailleurs.

Les conditions de travail accordées aux employés dans des années plus profitables sont-elles devenues intenables ?

Elles deviennent discutables, car les règles du jeu changent. D'autres apparaissent sur le marché en offrant des conditions de travail qui ne sont même pas comparables, et le jeu tend à se niveler. Dans le secteur du bois et du papier, quand la demande était forte et que l'industrie ne pouvait y répondre, les employés obtenaient ce qu'ils voulaient. Le marché a changé. Dans l'aluminium, il y a actuellement beaucoup de stocks, mais c'est temporaire. Il reste que la sous-traitance, qui est l'enjeu du conflit à Alma, est devenue une façon de rationaliser. Il y a des T4 de plus de 100 000 $ dans cette industrie, des salaires beaucoup plus élevés que chez les sous-traitants.

CV

Nom : Guy Tremblay

Fonction : Avocat associé chez Heenan Blaikie

Guy Tremblay est un expert du droit de l'emploi et des relations de travail. Anciennement directeur général des relations de travail du gouvernement du Québec, il a occupé, de 1997 à 2011, les fonctions de coassocié et directeur du cabinet Heenan Blaikie. Depuis l'automne 2011, il préside l'Association canadienne des avocats d'employeurs.

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