Le rendement (à long terme) de la prudence

Publié le 04/05/2013 à 00:00, mis à jour le 02/05/2013 à 10:45

Le rendement (à long terme) de la prudence

Publié le 04/05/2013 à 00:00, mis à jour le 02/05/2013 à 10:45

Des ventes qui dépassent le milliard de dollars pour la première fois de son histoire, et des rendements sur l'avoir qui oscillent entre 10 % et 15 % depuis 20 années consécutives : la SSQ Groupe financier a le vent dans les voiles. Et sa feuille de route démontre qu'en assurances, la prudence s'avère payante à long terme.

«On a traversé la bulle technologique au tournant des années 2000, mais surtout la crise de 2008 avec des rendements qui n'ont jamais été sous les 10 %. On a été parmi les trois meilleurs du Canada pour notre performance, alors que beaucoup d'assureurs connaissaient des difficultés avec des rendements de - 10 % et - 15 %. On est fiers d'avoir continué à livrer des résultats fiables et raisonnables», se réjouit le pdg René Hamel, qui annonçait en assemblée annuelle le 27 avril un rendement sur l'avoir de 12,8 % en 2012.

Au fil des 20 dernières années, d'autres assureurs ont généré des rendements bien supérieurs au sommet de 15 % de la SSQ. Mais les 25 ou 30 % n'ont jamais été l'objectif visé par la mutuelle, dont le siège social est à Québec. La SSQ cherche plutôt à apparier ses engagements avec des actions sécuritaires. Pour un pourcentage très élevé de ses 11 milliards de dollars d'actifs sous gestion, elle achète des obligations qui lui rapporteront à échéance une somme équivalente à ses promesses.

«Ce n'est pas très sexy de dire ça, mais c'est une des raisons pour lesquelles on a mieux performé que la plupart des autres : on réduit nos risques. Pour d'autres qui font des placements plus risqués que nous, quand la Bourse chute, ça va moins bien», remarque M. Hamel.

Un assureur, juge-t-il, a le devoir d'être rassurant.

«Notre métier n'est pas de prendre un risque de placement, mais un risque d'assurances, et il faut prendre des décisions de placement qui en tiennent compte. Il faut continuellement se rappeler qui on est», ajoute le pdg.

Le levier de l'assurance individuelle

Les rendements stables ont permis de soutenir la forte croissance de SSQ Groupe financier ces dernières années. La croissance exige du capital additionnel que l'assureur a pu générer à même ses profits, tandis que certains concurrents se sont endettés en émettant des capitaux.

Le partenaire qu'est le Fonds de solidarité FTQ a aussi joué un rôle de premier plan. Il a financé en totalité l'acquisition d'AXA Assurance Vie au début de l'an dernier (270 millions de dollars en actions, assortis d'un prêt de 30 M$). Cet ajout au portefeuille, qui permet à SSQ d'offrir de l'assurance individuelle, procure un effet de levier considérable. Déjà, en 2012, les ventes ont augmenté de 32 %. Et si la tendance se maintient, ce sera beaucoup plus au cours du présent exercice.

«Avant AXA, on avait seulement la moitié de la valise», illustre M. Hamel.

Les conseillers en sécurité financière qui vendent les produits d'investissement et de retraite de la SSQ peuvent maintenant vendre des produits d'assurance individuelle. Les deux secteurs se stimulent l'un et l'autre, si bien que le plan stratégique de 2013-2017 s'appuie sur une croissance interne plutôt que sur une croissance par acquisitions (il y en a eu quatre depuis 2011, trois distributeurs en plus d'AXA).

«On n'est pas prédateurs, mais c'est sûr que, si de belles occasions se présentent, on va les évaluer», précise toutefois le président.

SSQ Groupe financier compte prendre de l'expansion au Canada. Et pour gagner en crédibilité, parce que son nom n'est pas connu hors du Québec, la mutuelle s'est soumise à l'évaluation de l'agence de notation A.M. Best Co., la référence dans le monde des assureurs. Elle a obtenu la cote «A- excellente» tant pour sa solidité financière que pour son crédit.

«Cette évaluation nous place parmi les meilleurs du Canada. Alors, même sans avoir une notoriété très grande hors du Québec, elle dit que nous sommes des gens sérieux, et c'est un argument de vente», avoue le dirigeant.

Un autre argument repose sur le service à la clientèle, dont il dit que la SSQ fait une obsession depuis ses origines, il y a 69 ans. Ce service a suscité la fidélité des clients, ce qui est aussi très payant pour un assureur, car renouveler des contrats coûte beaucoup moins cher que de convaincre de nouveaux clients.

POURQUOI

Après l'acquisition d'AXA Assurance Vie qui permet à la SSQ Groupe financier de vendre de l'assurance individuelle depuis janvier 2012, la mutuelle mise sur une croissance interne grâce à l'effet de levier créé par la synergie avec ses autres activités.

«Notre métier n'est pas de prendre un risque de placement, mais un risque d'assurances.» - René Hamel, pdg de SSQ Groupe financier

LA SSQ EN CHIFFRES

11 G$

Des actifs sous gestion de 11 milliards de dollars.

12,8 %

Le rendement sur l'avoir en 2012 s'est élevé à 12,8 %.

3 G$

Volume d'affaires de 3 G$ en 2012, en hausse de 19 % par rapport à l'année précédente

2 000 employés

Plus d'un million de clients

Des ventes de 1,29 G$ en 2012, en hausse de 32 % par rapport à 2011

La mutuelle SSQ Groupe financier est présente dans cinq secteurs

Assurance collective

Assurance individuelle

Investissement et retraite

Assurances générales

Gestion, promotion et développement immobilier

valerie.lesage@tc.tc

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