Le Chili courtise les entreprises canadiennes

Publié le 07/04/2012 à 00:00

Le Chili courtise les entreprises canadiennes

Publié le 07/04/2012 à 00:00

Toronto, Montréal, Québec : le Chili a mené au cours des dernières semaines une opération charme pour tenter d'attirer chez lui des investisseurs canadiens. Son argument clé : la plus forte croissance économique d'Amérique latine, dans un pays moins corrompu que les États-Unis.

«Il y a beaucoup de stéréotypes accolés à la région géographique dont nous faisons partie, notamment en ce qui a trait à la corruption, mais le Chili est une exception à la règle. Nous voulons que les entrepreneurs sachent que nous sommes un pays à part», a affirmé Matìas Mori, vice-président exécutif du Comité d'investissements étrangers du Chili, à l'occasion d'une entrevue avec Les Affaires, juste avant de rencontrer des entrepreneurs de la capitale chez Québec International.

Dans l'Indice de perception de la corruption de Transparency International de 2010, le Chili se classe au 25e rang sur 178 pays, devant les États-Unis ainsi que devant tous les pays d'Amérique latine.

Selon l'Economist Intelligence Unit (EIU), le Chili est une des 20 économies mondiales les plus attrayantes pour brasser des affaires en raison de sa stabilité politique et économique, mais aussi de sa sécurité législative et de sa discipline fiscale. Son ouverture au commerce, ses perspectives de croissance (+ 5 % en 2012) et son dynamisme à l'égard des investisseurs font aussi les avantages du Chili, selon l'EIU.

«Nous avançons et, pour ce faire, nous nous comparons aux meilleurs, comme Singapour et Hong Kong. Nous ne sommes pas satisfaits d'être les meilleurs dans notre région, nous voulons aller plus haut et nous visons les meilleurs», a déclaré M. Mori.

Séduire les moyennes entreprises

Le Chili s'est fait connaître depuis 2010 avec Start-Up Chile, un programme gouvernemental original destiné à attirer de jeunes entrepreneurs du monde entier pour qu'ils démarrent leur entreprise au Chili. Les jeunes sélectionnés reçoivent 40 000 $ en capital et ont accès aux réseaux d'affaires du pays. Mais pour atteindre son objectif de devenir un pays développé d'ici la fin de la décennie, le Chili a aussi besoin d'attirer des investissements étrangers. De plus, il cherche à séduire des entreprises de taille moyenne dotées d'une certaine maturité et qui veulent diversifier leurs marchés, à l'heure où les États-Unis et l'Europe vivent des difficultés.

«Le type de développement économique qui tire un pays hors de la pauvreté est différent de celui qui amène au développement. Pour le premier stade, il faut des ressources naturelles et des matières premières. Nous les avons. Maintenant, pour accéder au deuxième stade et faire passer le PIB par habitant de 16 000 à 22 000 $, nous devons améliorer la productivité. C'est là où les investissements étrangers jouent un rôle primordial, car cela amène des capitaux, des emplois, des technologies et de meilleures pratiques de travail», explique M. Mori.

Les technologies, qu'elles soient agricoles, minières, informatiques ou encore liées au transport, seront donc accueillies à bras ouverts au Chili, qui ne fait aucune distinction entre entreprises locales et étrangères. Le marché local, constitué de 16,9 millions d'habitants, n'est pas énorme, mais le pays se veut une porte d'entrée sur l'Amérique latine et n'est séparé de la Chine que par un océan, fait valoir le responsable des investissements étrangers aux entrepreneurs de l'Est du Canada, plus éloignés de l'empire du Milieu.

CHILI

+ 3,8 % Croissance moyenne du PIB de 2000 à 2010

+ 6,2 % Croissance en 2011

+ 5 % Prévision de croissance en 2012

Sources : Banque centrale du Chili et Fonds monétaire international

15 G$

Investissements canadiens au Chili depuis la signature de l'Accord de libre-échange Canada-Chili en 2007, selon le gouvernement du Chili

Impôts sur les profits des entreprises

25 % Chili

46,8 % États-Unis

28,8 % Canada

Source : Banque mondiale

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