La chute du huard n'est pas un obstacle à l'achat d'actions américaines

Publié le 25/10/2008 à 00:00

La chute du huard n'est pas un obstacle à l'achat d'actions américaines

Publié le 25/10/2008 à 00:00

Par Dominique Beauchamp

La chute de 25 % du dollar canadien par rapport au dollar américain depuis son record de 1,10 $ US atteint en novembre 2007 rend-il les actions américaines moins attrayantes ?

Non, répondent quatre financiers pour qui la valeur d'aubaine et le rôle de diversification des actions américaines sont des facteurs plus importants à long terme.

Si on croit que le huard est tout simplement revenu à sa valeur d'équilibre, cela devrait avoir peu d'effet sur les rendements des placements américains pour les investisseurs qui ont un horizon de 5 à 10 ans, dit François Rochon, président de Giverny Capital.

" Sur cette base, la valeur des devises ne devrait pas distraire l'investisseur du fait que les titres de nombreuses entreprises américaines de haut calibre n'ont jamais été aussi peu chers depuis 1974 ", ajoute-t-il.

De superbes occasions d'achat

Plusieurs blue chips américaines, dont Disney et Microsoft, sont en solde de 40 %, souligne M. Rochon, c'est-à-dire que leur cours est inférieur de 40 % à leur juste valeur marchande.

" La valeur dépréciée des cours américains doit être le principal facteur dans la décision d'acheter ou non des actions américaines, plutôt que la valeur du huard ", soutient également Martin Roberge, stratège chez Valeurs mobilières Dundee.

En portant trop attention au taux de change, les investisseurs pourraient rater les meilleures occasions d'achat de grandes sociétés américaines de qualité depuis plusieurs années, fait valoir Chillion Heward, président du conseil de C.F.G. Investment Management.

Puisqu'il s'attend à ce que la restauration des bilans des consommateurs et des entreprises freine la croissance économique pendant plusieurs années, M. Heward investit progressivement ses liquidités dans les sociétés non financières dont le titre est déprimé et le bilan sain, comme Coke, Alcoa et Owens Illinois.

Au passage, M. Rochon note aussi que la Bourse américaine et le billet vert résistent mieux que plusieurs autres marchés, placements et devises, bien que les États-Unis soient à l'origine de la crise du crédit.

Depuis le début de l'année, le S&P 500 de la Bourse de New York a perdu 35 %, les marchés développés EAEO (Europe, Australasie et Extrême-Orient) ont chuté de 40 %, et les marchés émergents, de 47 %.

La consommation essentielle est mieux représentée à la Bourse américaine

Stephen Gauthier, stratège chez Gestion Palos, croit lui aussi qu'il faut prendre du recul par rapport au comportement récent des devises, et surtout, ne pas aligner sa stratégie de placement sur celui-ci.

" La baisse du huard n'est pas une raison suffisante pour tourner le dos aux actions américaines pour ceux dont l'horizon de placement se compte en années. Nous croyons que pour un investisseur canadien, il est tout aussi intéressant aujourd'hui de mettre la main sur des fournisseurs américains de produits de consommation essentielle qu'il y a 18 mois, car la Bourse canadienne compte trop peu de titres dans ce secteur ", explique M. Gauthier.

Non seulement ces titres peuvent jouer un rôle de refuge relatif pendant une récession, mais le plongeon des prix des denrées devrait réduire les coûts de ces entreprises et les aider à préserver leurs marges, même si le ralentissement mondial nuit à leurs revenus ", souligne M. Gauthier.

Ce dernier est toujours acheteur de titres comme ceux de Coca-Cola, Colgate-Palmolive et Procter & Gamble, des entreprises qui ont passé l'épreuve du temps et dont les dividendes de plus de 3 % procurent un revenu récurrent, en attendant la reprise économique.

Depuis le début de l'année, le secteur de la consommation essentielle du S&P 500 a décliné de 21 %.

Des fonds pour neutraliser l'effet de change

Les investisseurs qui veulent éliminer l'effet du taux de change sur leurs placements étrangers peuvent toutefois se tourner vers les fonds communs ou les fonds négociés en Bourse qui neutralisent l'effet des monnaies sur leur rendement à l'aide de contrats à terme sur les devises.

Barclays Investment Canada offre deux fonds négociés en Bourse qui neutralisent l'effet de change, l'un qui reproduit le rendement du S&P 500 (iShares Cdn S&P 500, Tor., XSP), et l'autre, l'indice Morgan Stanley Capital International EAEO (iShares Cdn MSCI EAFE, Tor., XIN).

Plusieurs fournisseurs de fonds communs offrent aussi des versions de leurs fonds étrangers qui neutralisent l'effet de change.

Mais certains experts, comme Dan Hallett, président de Dan Hallett & Associates, ne sont pas partisans de ces fonds, car ils annulent l'effet de diversification que l'investisseur recherche en achetant des fonds étrangers.

Pour les Canadiens, la parité du huard avec le billet vert rendait l'achat d'actions américaines moins coûteux ce printemps. Toutefois, la baisse du huard depuis le début de l'année gonfle la valeur des placements américains pour la première fois depuis six ans.

Par exemple, le fonds d'actions américaines PH&N de catégorie A a perdu 21 % depuis le début de l'année. Mais la version du même fonds qui neutralise l'effet de la devise a perdu 35 %, car ce fonds ne profite pas du déclin du dollar canadien.

dominique.beauchamp@transcontinental.ca

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