L'empire de la poutine

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 10:08

L'empire de la poutine

Publié le 20/10/2012 à 00:00, mis à jour le 18/10/2012 à 10:08

À Québec, Ashton, c'est un classique, voire une fierté. On a presque l'impression que c'est là que la poutine a été inventée. Et pourtant! Ashton Leblond en a mis des années pour faire aimer ce mets qu'il a «importé» des Bois-Francs.

«Je l'ai mise au menu en 1972, et à l'époque, les clients étaient sceptiques. Ça a pris cinq, six ans avant qu'on atteigne des volumes intéressants et qu'on se fasse associer au mets», se souvient le restaurateur de 64 ans, élevé sur une ferme en Estrie au sein d'une fratrie de 16 enfants.

Devenu plongeur à 15 ans pour aider à subvenir aux besoins de la famille, Ashton Leblond a déménagé dans la région de Québec quelques années plus tard, où il a travaillé en cuisine chez les frères du Sacré-Coeur. C'est là qu'il a tout appris, même à faire la sauce brune qu'il allait plus tard modifier pour sa poutine.

C'est à 20 ans, avec 500$ d'économies, que M. Leblond a réussi à acheter une «roulotte à patates» à L'Ancienne-Lorette.

«Elle n'était pas à vendre, mais je voulais qu'elle le soit! se rappelle-t-il. Je n'étais pas encore majeur, alors mon père a endossé un prêt de 4 000$. J'ai travaillé fort et j'ai tout remboursé en un an au lieu de trois, parce que je sentais que ma mère avait peur que je ne le fasse pas.»

L'Ashton Snack Bar, né en 1969, a eu un premier cousin en 1980 à Beauport. C'est là que le fameux sandwich au rosbif a été lancé. D'autres succursales ont été ouvertes dans les années suivantes, si bien qu'on en compte 26 aujourd'hui dans la région de Québec et en Beauce. Les franchises en ont accéléré l'expansion, mais M. Leblond constate qu'elles exigent autant d'attention pour assurer la constance de la qualité.

Se distinguer des autres casse-croûtes

«Rien n'est congelé chez nous, on travaille avec des produits frais, et cela demande plus d'attention», souligne l'entrepreneur, fier que ce choix l'ait avantageusement distingué des Mc Donald's qui lui ont fait concurrence à partir de 1977.

Devenu patron d'un petit empire, dont le chiffre d'affaires est confidentiel et qu'il a un temps songé à étendre jusqu'à Paris, où l'intérêt se manifestait, l'homme semble n'avoir jamais oublié ses origines. Notre collègue François Normand, qui a travaillé dans un de ses restaurants quand il était étudiant, se souvient d'un soir où un homme lui a offert de l'aide en cuisine. Après avoir répondu à tous ses besoins, il est reparti. Et c'est seulement après coup que François a découvert qu'il avait donné des ordres au grand patron !

M. Leblond commence à penser au transfert de l'entreprise. Ses deux filles ne souhaitent pas assurer la relève. «Mais c'est très dur de penser à vendre ce que tu as bâti pendant 43 ans. Alors je ne vois pas ça tout de suite non plus.»

ASHTON

Fondé en 1969 à L'Ancienne-Lorette

26 restaurants (11 appartiennent à Ashton Leblond, 10 sont des franchises dont il est actionnaire et 5 sont des franchises)

Chiffre d'affaires confidentiel

4 millions de poutines servies en 2011

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