Elisabeth Bélanger cultive le goût du risque

Publié le 27/10/2012 à 00:00

Elisabeth Bélanger cultive le goût du risque

Publié le 27/10/2012 à 00:00

À la tête d'une entreprise qui a doublé son chiffre d'affaires au cours des cinq dernières années, la présidente de Maison Orphée, Elisabeth Bélanger, est une gagnante. Mais elle n'a jamais eu l'ambition d'avoir une moyenne parfaite au bâton.

«Qu'on ne gagne pas tout le temps, c'est très correct. Il faut juste gagner plus souvent qu'on perd», dit l'entrepreneure de Québec, qui a tellement cultivé le goût du risque au fil des ans qu'elle n'a plus peur du changement.

«Il faut même que je fasse maintenant attention de ne rien brusquer», sourit-elle.

La femme de 42 ans, dont l'entreprise commercialise des huiles importées de qualité, des vinaigres et des moutardes, a appris la patience en même temps que le risque.

«Si on pouvait lancer des produits chaque année, j'aimerais ça, mais il faut être réaliste. Il faut que le marché soit capable de les prendre», souligne celle qui tire un immense plaisir à parcourir les terroirs d'Europe et d'Amérique pour dénicher de bons produits.

Enfant timide, Elisabeth Bélanger a découvert la leader en elle après son baccalauréat en traduction à l'Université d'Ottawa. Son père, Florent, fonctionnaire municipal et entrepreneur à temps partiel, venait d'acquérir Maison Orphée et a proposé à sa fille d'y passer l'été 1993, avant d'entreprendre sa maîtrise.

«C'est là que j'ai eu la piqûre, et le projet de maîtrise a pris le bord. J'ai toujours aimé cuisiner, il y avait de beaux produits, et mon père m'a dit d'essayer et de voir ce que j'avais envie de faire au sein de l'entreprise», se souvient-elle.

Après avoir pris en mains le marketing et les achats, Elisabeth Bélanger a accédé à la direction générale en 2004, puis, avec sa soeur cadette Elaine, elle a racheté l'entreprise en 2009, année où elle a obtenu sa maîtrise en administration des affaires.

«On a consulté des experts en ressources humaines pour déterminer nos rôles et voir si on avait le potentiel pour faire croître l'entreprise. On s'est demandé si on devait embaucher un autre directeur général», se rappelle-t-elle.

Elle considère important de se remettre en question, de rester ouverte, d'aller chercher conseil à l'extérieur. «Il ne faut pas se dire qu'on a la recette gagnante. Il faut se mettre au défi. Car le jour où tu penses avoir trouvé la recette gagnante, tu fais probablement fausse route», pense-t-elle.

Il y a deux ans et demi, les soeurs Bélanger ont décidé de changer l'image de Maison Orphée. La croissance ralentissait, et parmi les différentes marques commercialisées, elles ne savaient plus lesquelles mettre en avant. Avec l'agence depublicité LG2, elles ont cherché à comprendre la perception des consommateurs. Verdict : beaucoup de gens se demandaient quoi faire avec la plupart des 20 huiles de Maison Orphée. Il fallait donc fournir des idées d'utilisation sur les étiquettes.

Croissance et persévérance

«Parfois, on ne mesure pas l'ampleur d'un changement et quand on commence à calculer ce qu'il va coûter, l'envie de revenir en arrière se fait sentir. Ce n'est pas facile de persévérer», remarque Élisabeth Bélanger.

Le risque et la persévérance ont toutefois été payants, car les deux dernières années ont amené une très bonne croissance des ventes, et on prévoit que le chiffre d'affaires de l'entreprise, à plus de 10 M$ actuellement, va doubler d'ici 2016.

Un oeil sur les États-Unis

Ce plan de croissance prévoit la pénétration du marché américain. Maison Orphée y travaille dur depuis le printemps, dans l'objectif de distribuer les produits d'ici 18 mois, d'abord dans les magasins d'aliments naturels et les épiceries fines.

Toutefois, les plans sont les plans, rappelle Elisabeth Bélanger. Il faut en faire et suivre sa route, mais il faut aussi accepter, parfois, que la vie vienne en ralentir la réalisation. «L'an dernier, sur une équipe de 25 personnes, on a eu six congés de maternité ! Ça demande de revoir ses priorités et d'être patient en ce qui concerne l'atteinte de ses objectifs. Comme il est difficile d'embaucher temporairement, chacun en prend plus sur ses épaules», remarque l'entrepreneure, néanmoins ravie par le bonheur familial de ses employées.

lesaffaires.com

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