Dix chiffres clés pour mieux gérer vos finances

Publié le 22/08/2009 à 00:00

Dix chiffres clés pour mieux gérer vos finances

Publié le 22/08/2009 à 00:00

La gestion des finances personnelles relève d'un art complexe. Entre l'hypothèque à payer, le prêt auto à rembourser et la cotisation au REER et au compte d'épargne libre d'impôt (CELI), il est souvent difficile de déterminer la meilleure utilisation de ses ressources.

En guise de repères, nous vous présentons 10 chiffres clés et de nombreuses solutions pour vous aider à mieux gérer votre avoir.

750

Le pointage de crédit qu'il faut viser pour obtenir un prêt au meilleur taux. Ce pointage varie entre 300 et 900, mais la majorité des épargnants ont une cote qui s'établit entre 600 et 800.

Ce qui influence votre cote : l'historique de vos remboursements de prêts, votre niveau d'endettement par rapport aux limites de crédit qui vous ont été consenties, la fréquence de vos demandes de nouveau crédit, avoir fait faillite, le type de crédit auquel vous recourez...

Hélène Gagnon, consultante budgétaire à l'Association coopérative d'économie familiale de Québec, recommande de vérifier votre dossier de crédit une fois par année, de façon à déceler d'éventuelles erreurs qui s'y seraient glissées.

Vous pouvez le faire sur les sites Internet des agences de crédit (www.equifax.ca et www.transunion.ca), moyennant des frais d'une vingtaine de dollars.

Comment améliorer votre dossier de crédit

Il n'existe pas de façon simple d'améliorer votre dossier, si ce n'est d'acquérir de bonnes habitudes de remboursement. " Seul le temps peut améliorer un mauvais pointage ", dit Hélène Gagnon.

Danielle Coutlée, directrice, stratégies de vente et soutien, chez RBC Banque Royale, met aussi l'accent sur les relations avec son banquier. " Un banquier peut comprendre vos difficultés à rembourser un prêt et vous aider à les résoudre, pour autant que vous ne jouiez pas à l'autruche. "

100

Soustrayez votre âge de ce nombre pour connaître la part optimale d'actions à détenir dans votre portefeuille. Le reste devrait être consacré à des titres à revenu fixe, comme des obligations.

Il s'agit d'un point de départ pour une réflexion plus approfondie. Selon votre tolérance au risque, votre connaissance des marchés boursiers et votre niveau de vie, vous pourriez opter pour une pondération plus forte ou plus faible en actions, dit Richard La Ferrière, directeur régional, Québec, de TD Waterhouse.

Comment conserver la pondération en actions idéale

Pour maintenir la pondération établie, vous devez rééquilibrer régulièrement votre portefeuille, de façon à tenir compte de votre vieillissement et des fluctuations de la valeur de vos placements.

8,6 %

Le rendement de l'indice Dow Jones depuis 1930, en tenant compte du réinvestissement automatique des dividendes et en excluant les frais de gestion.

Cela fait des actions la catégorie de placement ayant affiché le meilleur rendement à long terme, aussi incroyable que cela puisse sembler après la crise boursière des derniers mois.

Pour avoir droit à ce rendement, l'investisseur doit toutefois être prêt à vivre de nombreux cycles boursiers et à accepter une forte volatilité.

À titre d'exemple, entre 1999 et 2009, l'indice Nasdaq, bastion des titres des entreprises de technologie américaines, a affiché un rendement négatif.

Comment profiter du potentiel de la Bourse

Puisque les marchés baissiers peuvent durer beaucoup plus longtemps que prévu, vous devez toujours détenir une part de titres à revenu fixe dans votre portefeuille.

Tandis que les actions vous assurent un potentiel de croissance, les titres à revenu fixe sont le coussin de sécurité qui atténue l'érosion de votre richesse quand les marchés s'effondrent.

Michel Payette, directeur adjoint au Centre financier de la Sun Life, à Montréal, note aussi la propension des épargnants à entrer sur le marché boursier et à en sortir aux pires moments, ce qui les prive d'une part du rendement théorique des actions.

10 %

Le pourcentage de vos revenus bruts que vous devriez consacrer à l'épargne pour votre retraite chaque année. Cela comprend les paiements accélérés que vous réalisez sur une hypothèque, mais pas les paiements réguliers.

Une personne qui gagne 50 000 $ devrait ainsi épargner au moins 5 000 $ par année. Plus nos revenus sont élevés, plus il est facile d'atteindre ce niveau sans trop se priver.

Comment accroître votre épargne

Pour les individus nantis, Michel Payette, de la Sun Life, recommande cependant de viser un taux d'épargne de 20 %. " À 10 %, vous risquez d'être un peu serré. "

À noter : la proportion de 10 % ne s'applique que si vous avez commencé tôt à épargner dans votre vie. " Il faudrait commencer à épargner dès qu'on commence à travailler ", indique Francine Beaulieu, vice-présidente de Question Retraite et directrice à la Régie des rentes du Québec.

Ce pourcentage représente évidemment un point de départ pour une réflexion plus personnalisée. Vous devez aussi considérer l'âge auquel vous comptez prendre votre retraite, vos projets de retraite, votre espérance de vie, votre train de vie.

Les personnes qui ont un généreux régime de retraite peuvent aussi épargner moins.

21 000 $

Le montant maximal que vous pouvez verser dans votre REER en 2009. Ce montant s'applique aux contribuables dont le revenu brut annuel dépasse 116 667 $. Pour la majorité des Québécois, qui ont des revenus plus faibles, la cotisation maximale s'établit à 18 % du revenu gagné.

La plupart des Québécois sont bien loin de se buter à ces restrictions, puisqu'ils ont versé en moyenne 4 788 $ en 2007 dans leur REER, selon Statistique Canada. " C'est faramineux les sommes non cotisées laissées sur la table ! " lance Richard La Ferrière de TD Waterhouse.

La cotisation maximale à un REER sera portée à 22 000 $ pour l'année fiscale 2010.

Comment accroître vos cotisations au REER

N'attendez pas la fin de février pour commencer à cotiser au REER. En versant de petites sommes chaque semaine ou chaque mois, il est plus facile de faire une cotisation importante sans effort apparent.

3,5 %

Le taux moyen annuel d'inflation depuis 40 ans au Canada. Ce nombre peut étonner compte tenu que l'inflation a été faible depuis 20 ans, mais n'oublions pas que la hausse rapide des prix a été préoccupante au cours de la décennie 1970 et au début des années 1980.

Pour les épargnants, cela représente une menace s'ils détiennent trop de liquidités ou de placements à revenu fixe. " Les gens ont tendance à oublier le risque que représente l'érosion de leur pouvoir d'achat à long terme ", déplore Richard La Ferrière, de TD Waterhouse.

Sans croire au retour d'une flambée inflationniste, M. La Ferrière craint une certaine surchauffe à la suite de l'injection massive de liquidités par les gouvernements de nombreux pays afin de soutenir l'économie.

Comment vous protéger d'une reprise de l'inflation

Il existe de multiples façons de vous prémunir contre l'inflation.

Les obligations à rendement réel sont particulièrement sécuritaires. Le fait d'être propriétaire d'une habitation vous protège aussi dans une certaine mesure contre la hausse généralisée des prix.

Les certificats de placement garanti (CPG) dont les rendements dépassent à peine 1 % sont toutefois à proscrire dans cette optique. " À ce taux, vous n'arrivez même pas à égaler l'inflation. Votre pouvoir d'achat baisse donc ", observe M. La Ferrière.

25 %

La part maximale de votre revenu brut que vous devriez consacrer à votre logement, y compris les taxes municipales et scolaires, l'entretien de votre propriété, le chauffage et les frais de copropriété. Au-delà de cette proportion, vous risquez d'avoir de la difficulté à respecter vos obligations financières et à maintenir un train de vie intéressant, surtout si vous avez d'autres dettes.

Louis Tétreault, directeur régional, Laval-Rive-Nord, de Multi-Prêts Hypothèques, recommande de vous fier surtout à cette proportion pour déterminer la maison que vous pouvez acheter ou louer, plutôt qu'au prix comme tel d'une habitation ou au montant maximal que la banque accepte de vous prêter.

Comment éviter d'être écrasé par votre hypothèque

Il existe des moyens de réduire le coût annuel d'une résidence, par exemple en étendant à 30 ou 35 ans la période d'amortissement de l'hypothèque. C'est toutefois à déconseiller si vous ne prévoyez pas accroître vos versements afin de rembourser le prêt plus tôt que prévu, dit M. Tétreault.

Tenez compte de vos autres dettes dans vos calculs. Si vous vous approchez d'un ratio d'endettement total de 40 % (toutes vos dettes + le coût de logement divisé par vos revenus bruts annuels), un seuil jugé critique, privilégiez un prêt hypothécaire à taux fixe plutôt qu'un prêt à taux variable, de façon à ne pas vous faire surprendre par une hausse soudaine des taux d'intérêt, recommande M. Tétreault.

72

Divisez 72 par le taux d'intérêt d'un placement pour connaître le nombre d'années qu'il faudra pour qu'il double de valeur. La formule, appelée règle de 72, a été inventée par Albert Einstein. En se servant de cette règle, on s'aperçoit qu'il faudra 14,4 ans pour qu'un placement de 5 000 $ qui rapporte 5 % annuellement vaille 10 000 $ (72 divisé par 5). La règle de 72 illustre l'effet multiplicateur des intérêts composés, qui dopent la valeur d'un placement au fil des ans, ou qui, inversement, grugent votre pouvoir d'achat à mesure que l'inflation fait son oeuvre.

Comment mettre à profit la règle de 72

Commencez à épargner le plus tôt possible dans votre vie, et épargnez régulièrement pendant l'année, afin de profiter pleinement de l'effet des intérêts composés.

70 %

Le pourcentage de votre revenu moyen des trois dernières années de votre vie active que vous devez toucher à la retraite pour conserver le même niveau de vie.

Francine Beaulieu, vice-présidente de Question Retraite et directrice à la Régie des rentes du Québec (RRQ), souligne que, si la retraite entraîne une baisse des revenus, elle occasionne aussi moins de dépenses. Vous ne subissez plus l'impact de toutes les déductions à la source (syndicat, Régie des rentes, etc.) qui réduisent votre salaire brut. En outre, vous ne cotisez plus au REER.

L'hypothèque sur la maison que vous habitez devrait aussi avoir été payée, selon Mme Beaulieu, ce qui réduit le coût pour vous loger.

Comment atteindre le seuil de revenus de retraite requis

Pour atteindre ce niveau de 70 %, vous pouvez compter sur trois sources de revenus. Les gouvernements fédéral et québécois en fournissent une première, grâce à la prestation de Sécurité de la vieillesse et aux rentes de la RRQ. Le fonds de pension de votre employeur, quand il y en a un, assure une deuxième source de revenu. Troisièmement, il y a vos épargnes dans les REER, CELI et comptes non enregistrés, dont vous tirez maintenant les fruits.

8 625 $

Le coût de propriété moyen d'une Dodge Grand Caravan en 2009, selon une étude du CAA. Ce montant inclut les frais d'assurance, le permis de conduire et l'immatriculation, la dépréciation et le financement de la voiture. À noter que s'y ajoutent les coûts variables (carburant, entretien et pneus) qui s'élèvent à 14,40 cents du kilomètre.

Comment réduire les coûts de votre voiture

Michel Payette, de la Sun Life, conseille de privilégier l'achat plutôt que la location, sauf si vous avez droit à une déduction fiscale en choisissant cette dernière option.

La location permet de vous offrir une voiture plus luxueuse que celle que vous pourriez acheter, mais vous condamne à payer éternellement, explique-t-il. " Achetez un moyen de transport et non un statut social ", insiste M. Payette.

À l'inverse, en achetant une voiture et en la conservant plusieurs années, vous finissez par économiser.

jean-francois.cloutier@transcontinental.ca

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