17 dossiers chauds pour 2009

Publié le 01/12/2008 à 00:00

17 dossiers chauds pour 2009

Publié le 01/12/2008 à 00:00

Quels sont les entreprises, les individus et les enjeux qui feront les manchettes en 2009 ?

ENTREPRISES

Repositionnement, développement des affaires, lancement de produits et redressement

1

BELL

Le virage de Bell

Bell amorce un nouveau départ. Premier défi : "Il faut rapidement un changement de culture. Moins de réunions, plus de décisions", dit Jean-Luc Landry, gestionnaire de portefeuille chez Landry Morin. L'autre défi : redevenir concurrentielle. On s'attend à de nouveaux licenciements - après les cadres supérieurs, ce sera au tour des cadres intermédiaires - ainsi qu'à des ventes d'actifs. Il faudra aussi miser sur la technologie. À cette fin, Bell a décidé de faire équipe avec son rival, Telus, pour développer des réseaux sans fil de troisième et quatrième génération capables d'exploiter des téléphones intelligents comme le iPhone et le BlackBerry Bold, uniquement disponibles au Canada par l'intermédiaire du réseau de Rogers. Mais encore faut-il que la transaction ait lieu. Au moment de mettre sous presse, les quatre institutions financières qui financent l'acquisition travaillaient toujours sur le dossier. Il faudra aussi surveiller la poursuite de 200 millions de dollars intentée contre Bell par ses concessionnaires indépendants qui l'accusent d'avoir mal géré son service de téléphonie mobile et de s'être mis des clients à dos.

2

BOMBARDIER

C Series cherche clients

Le ciel s'assombrit pour le secteur des avions d'affaires. Et Bombardier est dans l'industrie l'une des entreprises le plus durement touchées par cette baisse de la demande, note l'analyste David Strauss, de UBS, dans un rapport publié cet automne. "La demande était très forte. Elle devait diminuer un jour ou l'autre", a admis Steven Ridolfi, président de Bombardier Avions d'affaires, lors d'une conférence de presse à Montréal.

Dans ce contexte, la division Aéronautique de Bombardier mise beaucoup sur la C Series. Le conseil d'administration a donné le feu vert au lancement de cette nouvelle famille d'avions de 110 et 130 passagers en juillet. Mais trois mois après l'annonce du projet, seul un client est pressenti. Et celui-ci ne s'est pas vraiment prononcé : Lufthansa a seulement signé une lettre d'intention pour acheter 30 appareils et pour en réserver 30 autres. Sans compter que la brésilienne Embraer songe à lancer un appareil qui pourrait concurrencer la C Series.

3

VIDÉOTRON

Nouveaux horizons pour Vidéotron

Vidéotron compte devenir une puissance de la téléphonie sans fil. En 2008, elle a payé 555 millions de dollars pour un spectre de 40 MHz au Québec et de 10 MHz en Ontario. "Vidéotron figurait parmi les acheteurs les plus agressifs, dit Peter Rhamey, analyste chez BMO. Nous pensions qu'elle débourserait 175 millions." D'ici quatre ans, Quebecor, le propriétaire de Vidéotron, investira entre 800 millions et un milliard de dollars pour déployer son réseau sans fil qui devrait commencer à être opérationnel d'ici 12 à 18 mois. L'entreprise pourrait créer jusqu'à 1 000 emplois en deux ans. La société tirera sûrement profit de ses infrastructures existantes et de sa marque, mais elle pourrait aussi s'associer. Avec qui ? La direction est ouverte aux discussions. Son partenaire pourrait être Globalive, un câblodistributeur ontarien qui aspire à devenir un joueur national. "C'est un scénario probable, puisque Globalive a acquis du spectre dans toutes les provinces, sauf au Québec", dit Peter Rhamey. Seul hic : l'entreprise appartient à 65 % à Orascom, une compagnie de téléphonie du Moyen-Orient. Or, la loi canadienne limite à 20 % la propriété étrangère dans le secteur des télécommunications. Ottawa a toutefois laissé entendre qu'il souhaitait assouplir ces règles. Globalive attend sa bénédiction. "Dans le sans-fil, ajoute l'analyste, il faut s'attendre à ce que Vidéotron use de la même stratégie que celle qui lui a permis de ravir des parts de marché à Bell en téléphonie, en étant combative et en livrant une concurrence féroce sur les prix."

4

GARDA

Garda, prisonnière de ses dettes

L'entreprise de sécurité est devenue en 2007 le numéro deux du transport de valeurs en Amérique du Nord. Cette firme québécoise visait rien de moins que de détrôner l'américaine Brink's. Aujourd'hui, la division du transport de valeurs est à vendre. Garda tente par tous les moyens d'effacer la lourde dette accumulée au cours de sa croissance rapide (l'entreprise de Stéphan Crétier a acquis 18 sociétés depuis 2005). Cependant, la débâcle financière américaine a fait grimper les taux d'intérêt. "Lorsque vous jouez avec une dette, vous risquez parfois de vous brûler. Aujourd'hui, l'effet de levier nous a fortement nui", a admis Stéphan Crétier en septembre dernier, lors d'un entretien téléphonique. Pourtant, tout n'est pas perdu, souligne un analyste d'une importante firme d'investissement. La vente des activités de transport de valeurs permettrait à la division GardaWorld, qui offre des services d'enquête et de protection d'actif et de personnes dans des zones à risque, de devenir une société de calibre mondial. "Garda possède deux grosses divisions : le transport de valeurs et GardaWorld. Pour l'instant, Garda ne peut plus faire d'acquisitions, puisque sa division principale est très endettée. Si elle la vend, elle pourra continuer d'acquérir des entreprises dans l'autre division et faire croître celle-ci", dit l'analyste.

5

SAPUTO

Saputo, nouveau géant du lait

À la fin octobre, Saputo a offert 465 millions de dollars au groupe George Weston pour mettre la main sur l'ontarienne Neilson Dairy. Avec cette transaction, il se hisse au premier rang du marché canadien du lait à boire et de la crème. Il croisera le fer avec la québécoise Agropur et l'italienne Parmalat. Il faudra suivre comment Saputo, qui mène ses affaires en Amérique du Nord et du Sud et en Europe, intégrera cette quatrième acquisition en deux ans. Neilson Dairy devrait augmenter les revenus de Saputo (5 milliards de dollars) de 12 %, et ses profits de 10 %. Et Lino Saputo junior, le président, affirme qu'il y aura d'autres acquisitions en 2009.

PERSONNALITÉS

Santé, finances et commerce international

6

Yves Bolduc, ministre de la Santé du Québec

Le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc, entend s'inspirer de... la chaîne de montage de Toyota ! "Le problème, ce n'est plus l'argent, c'est l'organisation des services", dit-il. La solution : le lean health care. De concert avec la firme de consultants Promaintech Novaxa, le ministre a mis sur pied un projet pilote au bloc opératoire de l'hôpital de Val-d'Or, "Le lean health care met l'accent sur le patient", dit Camil Villeneuve, vice-président chez Promaintech Novaxa. Il s'agit de dégraisser la machine des activités qui n'ajoutent pas de valeur. "C'est une méthode structurée par laquelle les employés participent au processus décisionnel. On les accompagne pour qu'ils s'améliorent." Les résultats de Val-d'Or sont encourageants : on effectue trois chirurgies de plus par jour avec les mêmes ressources. Et on a réduit de moitié les listes d'attente pour les chirurgies. La direction de l'hôpital veut maintenant étendre ce modèle à l'ensemble des départements.

7

Richard Guay, président de la Caisse de dépôt et placement du Québec

L'ampleur des dommages liés à l'effondrement du marché hypothécaire américain reste inconnue. La Caisse doit trouver au plus vite sa prochaine locomotive de rendement, dit Jean-Luc Landry, de Landry Morin. "L'immobilier a été le principal moteur du rendement excédentaire de la Caisse au cours des dernières années. Non seulement au Canada, mais partout dans le monde." Aujourd'hui, les rendements dans ce secteur chutent. Richard Guay aura besoin de tout son temps pour trouver une autre piste de croissance. Or, ses nouvelles fonctions accaparent de nombreuses heures, ce qui pourrait poser un problème, dit Jean-Luc Landry. "C'est un homme qui est proche des marchés. Un Mr. Inside. Désormais, il devra aussi être Mr. Outside." La Caisse rencontre beaucoup de gens, dit-il. "Il faut faire de la représentation à plusieurs niveaux. Richard Guay n'est pas habitué à cela et ce n'est pas là son talent principal. Il devra apprendre à bien gérer son temps."

8

Jim Prentice, ministre de l'Industrie du Canada

En juillet 2007, le gouvernement fédéral a confié à un groupe d'étude le mandat d'examiner les politiques canadiennes en matière de concurrence et d'investissement étranger. Parmi les 65 recommandations du groupe : faire tomber les barrières à l'investissement étranger, déréglementer l'industrie aérienne et permettre les fusions des banques. Ces conclusions plaisent au monde des affaires. Thomas D'Aquino, président du Conseil canadien des chefs d'entreprise, dit que la mise en oeuvre de ces mesures profiterait à l'économie canadienne autant que le traité de libre-échange avec les Américains. Mais Jim Prentice n'a toujours pas indiqué s'il allait appliquer ces mesures. "Il a lu le rapport, mais il fallait attendre le résultat des élections", dit Annie Trépanier, des relations médias d'Industrie Canada. Pendant la campagne électorale, Stephen Harper a précisé qu'il n'avait pas l'intention de permettre aux banques de fusionner, mais que son gouvernement ouvrirait la porte aux investissements étrangers. Un "test de sécurité nationale" serait aussi mis en place pour évaluer les transactions qui menaceraient les intérêts stratégiques du pays. Le gouvernement conservateur a été réélu. Jim Prentice devrait donc bientôt sortir de son mutisme.

ENJEUX

Agriculture, matières premières, énergie et main-d'oeuvre

9

Gestion de l'offre : sauvée ou en péril ?

Soulagement à l'Union des producteurs agricoles (UPA) : l'été dernier, les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en vue de libéraliser le commerce agricole ont échoué. Selon l'UPA, les propositions de l'OMC - une réduction de plus de la moitié des subventions aux agriculteurs et des droits de douane sur les importations agricoles dans les pays développés - mettaient en péril quelque 70 000 emplois et plus de 40 % des recettes agricoles du Québec. L'échec des pourparlers signifie le maintien du statu quo et permet au système de gestion de l'offre de survivre. Pendant combien de temps ? "Les négociations ne sont pas encore terminées, rappelle Michel Juneau, conseiller aux affaires publiques de l'UPA. Si les discussions reprennent, nous comptons encore et toujours sur le gouvernement du Canada pour défendre nos positions." Le volet agricole de l'OMC se trouve présentement dans une zone grise. L'Organisation n'a pas encore abandonné l'idée de libéraliser l'agriculture, mais aucune rencontre formelle n'est encore prévue. "Tant que nous ne saurons pas à quoi nous attendre, nous ne serons pas rassurés", dit Michel Juneau.

10

Le pétrole et les matières premières chutent

Les prix du pétrole ont reculé d'environ 50 % en trois mois. Même chose pour les métaux de base (cuivre, nickel, plomb...), dont les prix dégringolent vers les taux d'il y a trois ans. La fête, au Canada, serait-elle finie ? "La demande de matières premières, stimulée par les pays émergents, restera élevée au cours des prochaines années, dit Marc L'Écuyer, analyste des grandes capitalisations chez Cote 100. Mais les prix ont baissé, parce que les investisseurs, qui ont contribué à les faire grimper, délaissent ce marché en ce moment." Quel sera l'impact pour les sociétés ? "Les mines continueront à fonctionner, mais leur rentabilité ne sera pas aussi élevée qu'au cours des dernières années. Cela posera des défis aux entreprises sur le plan de la gestion des coûts." En 2009, de nombreux projets ne verront pas le jour alors que les producteurs tenteront de faire grimper les prix en réduisant l'offre.

11

Les Américains, friands d'énergie verte

L'administration Bush a ratifié l'an dernier l'Energy Independance and Security Act. Cette loi interdit aux agences fédérales d'acheter tout carburant "impropre", comme le charbon liquide ou le pétrole extrait des sables bitumineux. Quel impact cette loi aura-t-elle sur les exportations canadiennes de pétrole et d'électricité ? "En Alberta, l'extraction de pétrole des sables bitumineux produit de 15 à 20 % de plus de gaz à effet de serre que la production de pétrole traditionnelle", dit Pierre-Olivier Pineault, professeur à HEC Montréal. Les agences fédérales ne représentent que quelque 3 % de la demande totale de pétrole des États-Unis. Les pétrolières craignent toutefois que cette loi ne crée un précédent et n'entraîne de nouveaux règlements. "En Europe, on a déjà commencé à apposer sur les produits des étiquettes qui indiquent la quantité de gaz à effet de serre générée par leur fabrication", explique le professeur Pineault. Un tel scénario pourrait profiter au Québec, dit Pierre-Olivier Pineault. "La moitié de l'électricité en Amérique du Nord est produite à partir de charbon. Si la tendance verte se maintient, c'est un marché énorme qui s'ouvre à l'électricité du Québec."

12

Pénurie de main-d'oeuvre

Dans une étude réalisée en 2008 par l'organisme Manufacturiers et Exportateurs Canada, 30 % des PDG répondants affirment que la pénurie de main-d'oeuvre nuit à la croissance de leur entreprise. "Le problème touche surtout les secteurs de pointe et l'assurance", dit Alain Kirouac, directeur général de la Chambre de commerce de Québec. "Des firmes comme CGI ou Ubisoft embauchent continuellement." Pour certains, comme la Banque Royale, la solution passe par l'Inde. La Banque a supprimé 300 postes au Canada pour les impartir à Bangalore. On vise à réduire les coûts, mais surtout, on manque de personnel dans ce secteur, dit la RBC. Des solutions ? "À Québec, les gens d'une même industrie nouent des partenariats avec les collèges et les universités. On veut former des cohortes de jeunes qui seront disponibles d'ici un an pour travailler dans ces entreprises. Une solution également adoptée par l'ensemble des chambres de commerce du Québec", dit-il.

LES RÉPERCUSSIONS DE LA CRISE

Institutions financières, immobilier, crédit, protectionnisme et... bonnes nouvelles !

13

Le Canada à la chasse aux aubaines

Le secteur financier américain est en déroute. Les banques et les assureurs canadiens semblent prêts à partir à la chasse aux aubaines. La Banque Royale, la Banque Scotia, la Financière Manuvie et Sun Life ont toutes laissé entendre qu'elles aimeraient bien profiter des déboires de leurs homologues américaines. Mais il faudra se montrer prudent. La Sun Life, par exemple, a annoncé une perte de 396 millions de dollars au dernier trimestre, là où elle avait un profit de un milliard de dollars l'an dernier. Quant à Manuvie, les analystes la pressent de vendre des actions ou une filiale pour assainir son bilan. L'assureur déchu AIG, qui doit céder certaines des filiales pour rembourser le prêt de 85 milliards de dollars américains que lui a consenti le gouvernement américain, ferait une belle proie pour une entreprise canadienne qui a les liquidités. "Les banques canadiennes sont plutôt prudentes, tempère Marc L'Écuyer, de Cote 100. Si elles se lancent, elles feront des acquisitions mineures." Le scénario est différent pour les compagnies d'assurance, dit-il. "Elles se sont déjà montrées intéressées à aller aux États-Unis. Et ces compagnies sont reconnues pour courir plus de risques que les banques."

14

Le marché immobilier canadien s'écroulera-t-il ?

Le Canada connaîtra-t-il à son tour un éclatement de bulle immobilière ? L'économiste américain Robert Shiller, professeur à l'Université Yale, croit que oui. Selon lui, le marché immobilier canadien n'est pas différent des autres, et les hausses de prix phénoménales enregistrées depuis sept ans dans certains marchés ne peuvent durer. Même si un scénario-catastrophe comme celui des États-Unis est improbable, une correction de 5 à 7 % est nécessaire pour un retour à l'équilibre, estime pour sa part Benjamin Tal, économiste principal chez Marchés mondiaux CIBC. Un avis que partage Maurice Marchon, professeur à HEC Montréal, qui souligne que le prix des maisons a grimpé de 73 % au Canada depuis six ans, alors que le revenu personnel disponible par habitant n'augmentait que de 29,5 %. "Notre marché est peut-être plus réglementé que celui des Américains, mais les banques ont accordé beaucoup de prêts amortis sur 40 ans sans exiger de mises de fonds. Ce n'est pas très prudent." Si une récession le moindrement sévère frappe le pays et entraîne des pertes d'emplois, ces gens-là ne pourront plus payer, dit-il. "Et même si nous sommes loin d'être aussi mal en point que les États-Unis, le marché est surévalué et vulnérable."

15

Resserrement du crédit au Canada

La crise du crédit a atteint le Canada. Deux enquêtes trimestrielles de la Banque du Canada menées cet automne témoignent d'une rapide détérioration des activités de prêts aux entreprises depuis l'été. Certaines firmes soutiennent que les conditions de financement se sont resserrées à des degrés inconnus depuis 10 ans. Que nous réservent les prochains mois ? "On peut s'attendre à ce que l'accès au crédit et au financement soit plus difficile en 2009, dit Micheline Renault, professeure au Département de comptabilité de l'UQAM. Le marché de bon nombre de nos entreprises se trouve aux États-Unis. Si la consommation se resserre, ces entreprises présenteront plus de risques pour les banques. Pour les sociétés déjà fragiles, cela sera plus difficile, et même pour les grandes entreprises." Selon elle, il y a toutefois un aspect positif à la situation : "Puisque les institutions seront plus sélectives, les sociétés qui sont en bonne santé financière seront convoitées".

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Le protectionnisme américain surgira-t-il ?

Quand l'économie va mal au sud de la frontière, nos entreprises écopent. Parce que les commandes se font rares, mais aussi parce que la fibre protectionniste de nos voisins s'active. Selon Pierre Martin, directeur de la Chaire d'études politiques et économiques américaines, trois facteurs contribuent à entraîner des pressions protectionnistes : le ralentissement économique, la baisse du dollar canadien et un triumvirat démocrate à Washington - une majorité dans les deux chambres et un président démocrate. Que réclameront les entreprises américaines et que leur répondra Obama ? "Les sociétés en difficulté risquent d'utiliser tous les instruments de protection administratifs qui sont à leur portée pour protéger leur marché." Un scénario qui nuirait à tout le monde, particulièrement au Québec, dit Jean-Luc Trahan, PDG des Manufacturiers et Exportateurs du Québec. "Si les Américains décident de recourir à des mesures protectionnistes, les autres partenaires commerciaux - Europe, Chine - feront de même." La situation deviendrait catastrophique pour les exportateurs québécois. "Des entrepreneurs me disent que leurs exportations sont en baisse de 15 % en raison des difficultés qu'éprouve l'économie américaine, et le secteur manufacturier décline pour un quatrième trimestre consécutif. Nous n'avons pas besoin de ça."

17

Des gagnants de la crise ?

Des entreprises peuvent-elles sortir gagnantes de la crise financière actuelle ? "Toutes les entreprises sont plus ou moins touchées, dit François Rochon, gestionnaire principal chez Giverny Capital. Mais certaines d'entre elles, en raison de la nature de ce qu'elles vendent, le seront moins que d'autres." Wal-Mart est un bon exemple. Ses ventes continuent d'augmenter grâce à une nouvelle clientèle. "Quand les choses vont bien, les gens se disent que ça ne vaut pas la peine d'économiser cinq dollars sur le prix d'un article. Mais là, ils pensent : "Oui, ça vaut la peine ; j'en ai besoin, de ces cinq dollars-là"." Les consommateurs ont vite adapté leurs comportements et les chaînes de restauration rapide se frottent les mains. Si la tendance se maintient, les McDo et cie feront des affaires en or en 2009.

En période de crise, les gens se tournent aussi vers l'or, affirme Jean-René Adam, analyste chez Hexavest. "En plus d'être une valeur refuge, l'or permet aux épargnants de se protéger contre l'inflation. Les injections massives de liquidités partout dans le monde ont rendu l'or très populaire." Les producteurs d'or font de si bonnes affaires qu'ils n'hésitent pas à exploiter de nouvelles mines, ajoute Louis Hébert, professeur de gestion stratégique à HEC Montréal. La société canadienne Goldcorp aura effectué des investissements de plus d'un milliard de dollars américains d'ici la fin 2008. Elle a annoncé cet été sa première extraction d'or à la mine de Peñasquito, au Mexique. Quant à Barrick Gold, elle a 10 projets en cours, notamment la mine de Buzwagi, en Tanzanie, dont la production doit débuter en 2009.

À moyen terme, renchérit Louis Hébert, plusieurs entreprises, quelle que soit l'industrie à laquelle elles appartiennent, profitent du ralentissement économique. "Celles qui ont déjà procédé à leur restructuration, qui ont bien géré leur dette et qui ont des liquidités se trouvent dans une situation excellente. Il y aura des occasions d'achat dans plusieurs marchés. Elles pourront faire des acquisitions à bon prix."

david.descoteaux@transcontinental.ca

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